Ce sont des centaines de manifestants qui se sont réunis dans la soirée de samedi aux abords du domicile du procureur général Avichai Mandelblit à Petah Tikva lors du dernier rassemblement hebdomadaire réclamant l’inculpation du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans deux affaires de corruption.

Le mouvement de protestation de samedi est le deuxième à être organisé depuis que la Haute cour de justice a statué que les manifestations pouvaient continuer avec un nombre limité de manifestants après le blocage par la police d’un rassemblement nocturne, le 19 août, et l’arrestation de deux de ses organisateurs.

C’est la 41ème semaine de manifestation. Les personnes présentes ont brandi un panneau sur lequel était écrit: « notre démocratie coule » et un autre a présenté Mandelblit sous forme d’un lapin.

Ce rassemblement survient quelques jours après que Netanyahu a indiqué que ces mouvements de protestation hebdomadaires faisaient partie d’initiatives anti-démocratiques qui visent à le renverser « à tout prix ».

Au vu du jugement de la Haute cour, qui a limité le nombre de participants à ces manifestations à 500, la police a déployé des drones pour contrôler l’ampleur de la foule afin de prouver que les manifestants n’ont pas respecté la décision prise par le tribunal. Le précédent rassemblement, la semaine dernière, avait réuni 2 000 personnes, a fait savoir la Deuxième chaîne.

En plus de la manifestation à Petah Tikva, environ 150 personnes ont manifesté contre Netanyahu à proximité de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, a annoncé le site d’information Ynet.

Lors d’une rencontre du Likud qui a eu lieu mercredi, Netanyahu a attaqué avec colère les médias, accusant la presse de mettre en scène deux affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué dans le but de le déchoir de ses fonctions de Premier ministre.

« L’industrie des fake news est à son apogée et l’objectif de ces manifestations consiste à me faire inculper quel qu’en soit le prix », a-t-il dit devant un public formé de partisans bruyants du Likud lors d’un rassemblement organisé à proximité de l’aéroport Ben-Gourion. Selon les estimations, ce sont 2 000 à 3 000 personnes qui se seraient trouvées sur place pour apporter leur soutien au Premier ministre.

« Ils couvrent avec enthousiasme et sans se lasser ces mouvements de protestation de gauche toutes les semaines », a-t-il déclaré. « Ces mêmes mouvements dont l’objectif est d’exercer une pression inconvenante de manière à ce qu’une inculpation soit prononcée à mon égard et à n’importe quel prix ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'un rassemblement du parti Likud, près de l'aéroport Ben Gurion, le 30 août 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un rassemblement du parti Likud, près de l’aéroport Ben Gurion, le 30 août 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre a également ajouté que ces mouvements de protestation montraient le mépris de la démocratie des manifestants.

« Ils ne se contentent pas de nous mépriser », a-t-il indiqué. « Ils méprisent quelque chose de plus profond : Ils méprisent le choix du peuple et ils méprisent cette démocratie au nom de laquelle ils se rassemblent ».

« Ils font tout ce qui est possible pour me nuire ainsi qu’à mon épouse parce qu’ils pensent que s’ils me déchoient et qu’ils la font partir également, ils nous renverseront nous, le Likud, le camp national – et à cette fin, tous les moyens sont casher ».

« Qui finance et qui organise les manifestations de la gauche [aux abords de l’habitation de Mandelblit] à Petah Tikva? Les médias transforment les chefs de ce mouvement en ‘chevaliers blancs de l’état de droit’. Quels chevaliers blancs ? Quel droit ? », a-t-il poursuivi, avant de s’en prendre à deux des organisateurs des manifestations, le politicien aspirant Eldad Yaniv et l’ancien concierge de la résidence du Premier ministre Menny Naftali.

Avant le début du rassemblement, samedi soir, Yaniv a appelé le public à venir manifester à Petah Tikva, tandis que Naftali a estimé qu’il pensait que le mouvement de protestation serait plus important que celui de la semaine précédente.

Meni Naftali et Eldad Yaniv arrivent pour une audience du tribunal à la cour des magistrats de Petah Tikva le 20 août 2017 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Meni Naftali et Eldad Yaniv arrivent pour une audience du tribunal à la cour des magistrats de Petah Tikva le 20 août 2017 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Ces rassemblements ont gagné en ampleur le mois dernier après que l’ancien directeur de cabinet de Netanyahu, Ari Harow, a accepté de devenir témoin de l’accusation dans les enquêtes de corruption impliquant le Premier ministre, connues sous le nom d’Affaire 1000 et d’Affaire 2000.

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu et son épouse Sara sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illégaux de la part de milliardaires, notamment des centaines de milliers de shekels de cigares et de champagne offerts par Arnon Milchan, producteur hollywoodien né en Israël.

L’Affaire 2000 porte sur un accord de contrepartie présumé entre Netanyahu et le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon « Noni » Moses, dans lequel le Premier ministre aurait entravé un quotidien rival, Israël Hayom, qui appartient à Sheldon Adelson, en faisant adopter une loi par la Knesset, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth.

Netanyahu a nié toute malversation.

Malgré les critiques émises sur les manifestations par Netanyahu, ces dernières n’ont cessé de croître en importance dans un contexte de nouveaux développements dans les enquêtes de corruption et Mandelblit, le procureur général, a estimé mardi que les rassemblements étaient entièrement légitimes et protégés par la liberté d’expression.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara à leur arrivée à la cour des magistrats de Tel Aviv pour leur procès en diffamation contre le journaliste Yigal Sarna, le 14 mars 2017. (Crédit : Moti Kimchi/Pool/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara à leur arrivée à la cour des magistrats de Tel Aviv pour leur procès en diffamation contre le journaliste Yigal Sarna, le 14 mars 2017. (Crédit : Moti Kimchi/Pool/Flash90)

En plus des affaires de corruption impliquant le Premier ministre, la Deuxième chaîne a fait savoir vendredi que Mandeblit devrait recommander l’inculpation de l’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu, soupçonnée d’avoir détourné des fonds publics pour un usage domestique privé.

Des sources proches de l’enquête ont déclaré à la chaîne de télévision que Mandelblit devrait annoncer son inculpation au cours des deux prochaines semaines.

La Deuxième chaîne a également fait savoir samedi que Sara Netanyahu a passé avec succès un test au détecteur de mensonges en amont de son éventuelle inculpation pour soutenir sa version des événements.