Des manifestants ont accroché dans la nuit de samedi à dimanche un drapeau arc-en-ciel homosexuel sur les bureaux du grand rabbinat de Jérusalem, pour protester contre des déclarations offensantes du grand rabbin séfarade de la capitale à propos de la communauté homosexuelle.

Le drapeau multicolore a été suspendu à l’entrée du bureau du rabbin Shlomo Amar, qui a déclaré la semaine dernière que l’homosexualité était une « abomination » pendant un entretien avec un quotidien israélien. Les mêmes couleurs arc-en-ciel ont été dessinées, apparemment à la craie, dans le chemin d’accès à l’immeuble, situé rue Hahavatzelet.

La police a été appelée pour enquêter sur les faits, et a déclaré qu’elle interrogerait les membres du Meretz de l’université hébraïque, ont annoncé les médias.

Dans un tweet, le Meretz, parti de gauche, a déclaré que des membres de sa succursale de l’université hébraïque avaient « décoré » l’entrée du bureau d’Amar.

Une manifestation contre Amar, organisée par le parti local de Jérusalem, était prévue dimanche devant les bureaux du rabbinat.

Aryeh King, conseiller municipal de la capitale, a prévu une contre-manifestation de soutien au rabbin.

Amar, qui était précédemment le grand rabbin séfarade du pays, a fait ses déclarations controversées pendant un entretien avec le quotidien Israël HaYom publié vendredi, s’attirant la condamnation et une plainte contre incitation [à la haine].

Le rabbin Shlomo Ammar en janvier 2013 (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Le rabbin Shlomo Ammar en janvier 2013 (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

« J’appelle ça un culte. C’est un culte d’abomination, c’est évident. C’est une abomination, a déclaré Amar. La Torah dit que c’est passible de la peine de mort. C’est la première des offenses graves […]. Ils disent ‘tendance’, ‘perversion’, ça n’a aucun sens. C’est un désir, et une personne peut le surmonter si elle le veut, comme tous les désirs. Cela fait partie des désirs les plus interdits, les plus graves. »

Amar a déclaré avoir refusé d’assister à un service commémoratif en hommage à Shira Banki, une adolescente de 16 ans poignardée à mort par un ultra-orthodoxe pendant la Gay Pride 2015 de Jérusalem, car sa famille avait refusé de lire à voix haute une condamnation de l’homosexualité qu’il avait écrite dans la lettre de condoléances qu’il leur avait adressée. Amar a raconté avoir dit aux parents de Shira que « si vous voulez que son âme aille au paradis, [vous devez] vous repentir de vos habitudes diaboliques. »

Les remarques d’Amar ont affronté la colère des membres de la communauté LGBTQ et des défenseurs des libertés civiques en Israël.

Shira Banki, 16 ans, poignardée à mort le 30 juillet 2015 pendant la Gay Pride de Jérusalem. (Crédit : Facebook)

Shira Banki, 16 ans, poignardée à mort le 30 juillet 2015 pendant la Gay Pride de Jérusalem. (Crédit : Facebook)

Oded Fried, militant des droits LGBTQ et ancien directeur de la Taskforce LGBT israélienne, a porté plainte la semaine dernière auprès de la police, déclarant que les remarques d’Amar constituaient de l’incitation au sectarisme.

Gilad Bar-on, qui dirige le Meretz de l’université hébraïque, a appelé Amar à revenir sur ses déclarations.

« Les déclarations sanglantes du rabbin Amar sont inacceptables pour nous, a déclaré Bar-on à la Deuxième chaîne. En tant que personnes qui payons son salaire, nous demandons que le rabbin Amar se rétracte. »

« La communauté LGBT n’est pas ‘un culte d’abomination’ et les parents de Shira Banki n’ont besoin d’aucune correction », a ajouté Bar-on.