Plusieurs centaines de demandeurs d’asile érythréens ont manifesté en Israël jeudi pour demander des mesures contre le régime de fer au pouvoir dans leur pays et réclamer le statut de réfugiés, selon un vidéaste de l’AFP sur place.

Cette mobilisation est intervenue après la publication par l’ONU d’un rapport détaillant de flagrantes violations des droits de l’Homme dans ce pays de la corne d’Afrique.

« Erythrée: le règne de la peur, pas de la loi », pouvait-on lire sur des banderoles, alors que les manifestants –réunis devant les bureaux de la représentation de l’Union européenne, dans la banlieue de Tel-Aviv–agitaient des drapeaux érythréens et israéliens.

« Les Erythréens ne fuient pas leur foyer et leur pays parce qu’ils veulent un meilleur travail ou une voiture ou une TV à écran plat. Nous fuyons parce que nous (…) sommes nés pour être libres et vivre dans la dignité et la sécurité », ont expliqué les organisateurs dans un communiqué.

Les protestataires ont appelé les Etats européens ainsi qu’Israël –où sont réfugiés des milliers d’Erythréens– à octroyer le statut de réfugiés aux habitants de leur pays ayant fui le régime autoritaire.

Mercredi, un spécialiste onusien a demandé une enquête sur de possibles crimes contre l’humanité, après la publication d’un rapport mettant en évidence les violations « systématiques et à grande échelle » des droits de l’Homme par le gouvernement d’Erythrée.

Ce rapport de quasiment 500 pages, publié après un an d’enquête, détaille comment l’Erythrée, dirigée d’une main de fer par le président Issaias Afeworki depuis 22 ans, a créé un système répressif où les gens sont régulièrement détenus sans raison, torturés ou portés disparus et tués.

Ces exactions poussent quelque 5 000 Erythréens à fuir leur pays chaque mois, selon l’ONU.

Sur les quelque 30 000 Eythréens qui seraient arrivés en Israël, seuls quatre ont obtenu le statut officiel de réfugié, selon des groupes de défense des droits de l’Homme.