Les bureaux du comité international de la Croix rouge, près de la ville cisjordanienne de Ramallah, ont été fermés lundi pendant une manifestation de soutien à un gréviste de la faim palestinien détenu par Israël, selon des médias palestiniens.

L’action intervient au lendemain de la brève fermeture du bureau de la Croix rouge à Gaza, causée par des manifestations de soutien à Mohammed al-Qiq, un journaliste qui est en grève de la faim depuis 76 jours en protestation contre sa détention sans accusation formelle.

Les Palestiniens ont exhorté la Croix rouge à intervenir en faveur de Qiq.

Les manifestants devant le bureau d’al-Bireh, en Cisjordanie, ont déclaré à l’agence de presse palestinienne Maan qu’ils se rassemblaient pour protester contre « le silence des organisations de la communauté internationale – à savoir la Croix rouge en Palestine – à propos de Qiq ».

Mohammed al-Qiq, prisonnier palestinien en grève de la faim, dans un hôpital du nord d'Israël, à Afula, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Mohammed al-Qiq, prisonnier palestinien en grève de la faim, dans un hôpital du nord d’Israël, à Afula, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Les services de sécurité intérieure d’Israël, le Shin Bet, ont déclaré que Qiq a été arrêté l’année dernière pour « activité terroriste » en tant que membre du Hamas, le groupe islamiste qui contrôle la bande de Gaza.

A Gaza, des douzaines de Palestiniens avaient manifesté quotidiennement devant le bureau de la Croix rouge ces dernières semaines, demandant à l’organisation d’apporter de l’aide pour la libération de Qiq.

Dimanche, les manifestants ont essayé d’entrer de force dans le bâtiment, brisant des fenêtres du garage et causant d’autres dommages, poussant l’ONG à temporairement fermer ses portes.

La porte-parole de la Croix rouge, Suhair Zakkout, a déclaré dimanche que toutes les activités normales reprendraient après des « discussions » avec des officiels du Hamas. Elle n’a pas souhaité donner plus de précisions.

Faihaa al-Qiq (à gauche), l'épouse du journaliste palestinien en grève de la faim Mohammed al-Qiq, pendant une manifestation de solidarité pour son époux après les prières du vendredi à Hébron, en Cisjordanie, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Hazem Bader)

Faihaa al-Qiq (à gauche), l’épouse du journaliste palestinien en grève de la faim Mohammed al-Qiq, pendant une manifestation de solidarité pour son époux après les prières du vendredi à Hébron, en Cisjordanie, le 5 février 2016. (Crédit : AFP/Hazem Bader)

La semaine dernière, la Cour suprême israélienne a levé l’ordre de détention de Qiq dans le cadre de la controversée détention administrative, mais la cour a jugé qu’il avait besoin d’une autorisation pour quitter l’hôpital.

Ses proches peuvent maintenant lui rendre visite, mais l’avocat de Qiq, Jawad Boulos, a déclaré que son client maintiendrait sa grève de la faim, qui dure depuis 10 semaines, tant qu’il ne serait pas complètement libre.