C’est très sérieusement, qu’un groupe de psychiatres américains s’est penché sur les cas d’Avraham, Moïse et Jésus, en tentant de prendre au pied de la lettre les indications fournies, rapporte Slate.

Evidemment, des médecins ne respectent pas scrupuleusement la sémantique rabbinique.

A la place de parler de la prophétie du père des Hébreux, ils étudient les cas « d’hallucinations mystiques d’Abraham ». Ils qualifient le passage du sacrifice d’Yitzhak comme « un épisode d’hallucination visuelle et auditive avec délire mystique et passage à l’acte violent ».

Ces psychiatres ont aussi leur « bible ». Il s’appelle le DSM, le manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux, qui leur permet de classifier les malades selon leurs symptômes.

Selon le DSM, Abraham remplit les critères de la schizophrénie ou de la « possibilité d’une épilepsie de la région temporale gauche ». Et si finalement « il reste bloqué au moment de frapper son fils, c’est peut-être qu’il s’y associe une épilepsie partielle avec une perte de contact ».

L’interprétation de Maïmonide de cet épisode reste sans doute plus proche des enjeux du texte.

La suite de l’étude trouve, chez Moïse, les symptômes d’un « trouble psychotique associé à un trouble de l’humeur, appelé trouble schizo-affectif »; et chez Jésus, victime également d’hallucinations auditives et visuelles, des symptômes de mégalomanie (fils de Dieu !), avec une tendance dépressive sur la fin de sa vie.