Israël continue de se préparer à une frappe contre les infrastructures nucléaires iraniennes et prévoit notamment un budget militaire spécifique de 10 milliards de shekels (2,1 milliards d’euros), malgré la progression des pourparlers entre les grandes puissances et Téhéran.

Les détails de ce budget ont été dévoilés lors de sessions d’un comité mixte de la Knesset sur les projets de l’armée, qui ont eu lieu en janvier, selon Haaretz.

Trois députés, présents lors des auditions mais qui ont préféré garder l’anonymat, ont affirmé que les fonds serviraient à couvrir les préparatifs pour 2014 et qu’ils étaient équivalents à ceux du budget 2013 pour une potentielle frappe contre l’Iran.

Selon l’article, certains des députés présents lors des sessions ont longuement interrogé le vice-chef d’état-major et général de division Gadi Eizenkot, ainsi que le brigadier général Agai Yehezkel, directeur de la planification, sur la nécessité d’une frappe malgré les négociations entre les puissances mondiales et l’Iran.

Ces négociations, qui ont conduit à un accord initial en novembre 2013 dans lequel Téhéran s’engage à ralentir son programme nucléaire, se poursuivent actuellement.

Les responsables de l’armée ont dit avoir reçu des instructions au plus haut niveau, visiblement de la part du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du ministre de la Défense Moshe Yaalon, pour poursuivre les préparatifs en vue d’une frappe.

Haaretz précise que le bureau du Premier ministre et l’unité du porte-parole de l’armée ont décliné tout commentaire sur ce sujet.

La semaine dernière, Yaalon a laissé entendre qu’il avait changé de position concernant une action en solitaire d’Israël contre l’Iran.

Selon le ministre, Israël a cru que « ceux qui devaient mener campagne contre l’Iran étaient les Etats-Unis », mais à la place « les Etats-Unis se sont mis, à un certain moment, à négocier avec eux, et malheureusement, les Iraniens sont les meilleurs dans le bazar persan. Nous [les Israéliens] devons nous protéger nous-mêmes. »

Après deux jours de négociations entre l’Iran et les puissances mondiales, la ministre des Affaires étrangères de l’UE Catherine Ashton a parlé mercredi de « discussions substantielles et utiles, couvrant une série de sujets, dont l’enrichissement [d’uranium], le réacteur d’Arak, la coopération nucléaire civile et les sanctions. » Les partis doivent se réunir à nouveau entre les 7 et 9 avril.

Toutefois, la Russie a indiqué que les tensions avec les Etats-Unis au sujet de la crise en Crimée pourraient conduire à une modification de sa position afin de saper le front uni des pays occidentaux face à Téhéran.

Les Etats-Unis et l’Europe ont émis de vives critiques sur les actions de la Russie pour annexer la Crimée, suite à la révolution en Ukraine le mois dernier.