Paris (AFP) – Plusieurs milliers de personnes défilent dimanche à Paris malgré une pluie battante, à l’appel du collectif « Jour de colère » aux cris de « Hollande démission », prenant à partie les journalistes accusés d’être des « collabos ».

En marge de la manifestation, une dizaine de militantes du groupe Femen ont scandé « allez brouter ailleurs », avant d’être arrêtées par les forces de l’ordre.

Le collectif  « Jour de colère » appelle à « l’émergence d’un nouveau contrat social fondé sur les refus des partis de l’oligarchie, de droite comme de gauche », est-il précisé dans le dossier de presse remis aux journalistes, en marge de la manifestation.

« Hollande, il vaudrait mieux pour lui qu’il se retire tout de suite », prévient le collectif, sinon le « +Jour de colère+ ira le poursuivre dans la rue avant de le chasser dans les urnes ».

Banderole de la manifestation contre le pouvoir, le 26 janvier 2014 à Paris (Crédit : AFP/Thomas Samson)

Banderole de la manifestation contre le pouvoir, le 26 janvier 2014 à Paris (Crédit : AFP/Thomas Samson)

Le cortège parti de la Bastille à 14h00 en direction des Invalides rassemble beaucoup de familles, qui entonnent souvent la Marseillaise.

Des manifestants portent des bérets rouges ou roses, et brandissent des drapeaux tricolores, et quelques drapeaux bretons, avec la fleur de lys, symbole monarchique.

En bout de cortège, quelques centaines de sympathisants de Dieudonné, dont le portrait est flanqué sur un drapeau, crient « Liberté d’expression », dans une allusion à l’interdiction faite à l’humoriste controversé de jouer son spectacle « Le Mur ».

Le collectif « Jour de colère » regroupe une cinquantaine d’associations ou de groupes majoritairement à droite, qui manifestent contre « l’action gouvernementale délétère qui nous mène droit vers l’abîme ».

Des Catholiques dans le défilé, "Jour de colère" contre le pouvoir, le 26 janvier 2014 à Paris (Crédit  : AFP/Thomas Samson)

Des Catholiques dans le défilé, « Jour de colère » contre le pouvoir, le 26 janvier 2014 à Paris (Crédit : AFP/Thomas Samson)

Le mot d’ordre a séduit un aréopage d’associations et communautés très diverses. Des identitaires, le « Printemps français », Civitas, ont appelé à manifester.

L’affaire de la liaison entre le président de la République et l’actrice Julie Gayet est sur toutes les lèvres. « Y’en a assez des scandales du président, il déshonore la France », s’insurge Marion, la soixantaine et retraitée, venue prendre part au défilé. « Faut qu’il dégage », confie-t-elle.

« Vous êtes ici pour crier votre ras-le-bol, ils sont plus préoccupés par leurs aventures (…) que par le chômage et la liberté du peuple de France », crie au micro un des organisateurs, qui requiert l’anonymat.

La liste des organisations n’ayant pas l’intention de participer à la manifestation s’allonge aussi.

Après la Manif pour Tous, le fer de lance de l’opposition à la loi Taubira ouvrant le mariage aux couples homosexuels, L’Avenir pour tous, la nouvelle organisation de Frigide Barjot, égérie de ce combat, a appelé à « ne pas manifester leur colère ce dimanche » avec des « groupuscules » qui se placent sur « le terrain de l’opposition politique ».

Le Front National et le collectif breton à l’origine du mouvement des Bonnets rouges ont aussi annoncé ces derniers jours qu’ils ne participeraient pas à la manifestation.