VILLE DE GAZA — Des dizaines de milliers de Palestiniens, dont des centaines d’hommes armés et des enfants portant des imitations de fusils, se sont rassemblés mercredi à Gaza en soutien au groupe terroriste islamique Hamas qui gouverne le territoire, à l’occasion du 29ème anniversaire de sa fondation.

Au cours de cette manifestation qui a été l’occasion d’une véritable démonstration de force de la part du Hamas, des haut-parleurs ont hurlé les slogans du groupe à travers les rues, alors que des roquettes installées sur des pick-ups accompagnaient le cortège.

Des centaines de militants masqués ont défilé et des douzaines d’enfants portant des imitations de fusils d’assaut ont arpenté les rues de la ville aux côtés de leurs familles.

Le responsable du Hamas Khalil Haya a prononcé un discours féroce lors de ce rassemblement, bâti sur une rhétorique violemment anti-israélienne. Il a également appelé à la réconciliation avec le parti du Fatah dirigé par le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas — mais seulement selon les termes du Hamas.

Des membres des Brigades Ezzedine al-Qassam Brigades, la branche armée du Hamas, pendant le rassemblement célébrant le 29e anniversaire du groupe terroriste, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 décembre 2016. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Des membres des Brigades Ezzedine al-Qassam Brigades, la branche armée du Hamas, pendant le rassemblement célébrant le 29e anniversaire du groupe terroriste, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 décembre 2016. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Le Hamas s’est emparé de Gaza en 2007 après la déroute des troupes loyales à Abbas au cours de batailles de rues sanguinaires. Les Palestiniens sont depuis divisés entre la bande de Gaza, placée sous l’autorité du Hamas, et d’autres parties de la Cisjordanie qui se trouvent sous la gouvernance d’Abbas.

Israël et l’Egypte ont imposé un blocus à Gaza après que le Hamas se soit emparé du secteur. Israël affirme que ce blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas, qui prône ouvertement la destruction d’Israël, d’obtenir des armes. Les critiques estiment pour leur part que cette décision s’apparente à une sanction collective.

Le Hamas a connu trois guerres contre Israël depuis qu’il s’est imposé à Gaza, dont des affrontements en 2014 qui ont duré 50 jours.

Le groupe terroriste lutte pour payer les salaires de ses membres en raison de ce blocus.

Pour contrer cette pénurie fiscale, le gouvernement du Hamas a imposé davantage d’impôts à la population palestinienne déjà exténuée de Gaza et paie des salaires réduits à ses employés.

Des partisans du Hamas pendant le rassemblement célébrant le 29e anniversaire du groupe terroriste, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 décembre 2016. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Des partisans du Hamas pendant le rassemblement célébrant le 29e anniversaire du groupe terroriste, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 décembre 2016. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Al-Hayya, le responsable du Hamas, a souligné que les Gazaouis devraient jouir de la liberté de mouvement, d’opportunités d’emploi, de l’accès constant à l’eau potable et à l’électricité, mais n’a offert aucun programme permettant de concrétiser ces nécessités.

Pour certains Palestiniens, le message transmis par ce déploiement public d’armements est dirigé contre la population locale pour lui faire comprendre que le mouvement islamique ne tolérera aucune révolte.

« Les gens sont fatigués, ils ont besoin de vivre une existence d’êtres humains », a confié le propriétaire d’un magasin de cosmétiques qui s’était assis devant son commerce pour regarder passer le cortège, n’acceptant de s’identifier que sous le nom d’Abu Ahmed par peur des représailles.

« Qui osera se soulever contre eux ? » a-t-il demandé en évoquant les militants du groupe. « Ils doivent faire des concessions pour qu’on puisse retrouver le cours de nos vies. »

Le Hamas ne peut pas changer ses visions politiques parce qu’elles sont restreintes par son idéologie religieuse, affirme Akram Attallah, spécialiste de Gaza.

« Et nous n’observerons donc aucun changement essentiel dans l’appréhension politique du Hamas portant sur la réconciliation [avec Abbas] et le siège [le blocus de Gaza] », a-t-il estimé.

Des agences ont contribué à cet article.