Samedi soir à Tel Aviv, des milliers de manifestants ont défilé contre la gestion du gouvernement des réserves de gaz offshore. Ils ont bloqué les routes et scandé des slogans, déclenchant des affrontements avec la police.

Au moins quatre personnes ont été arrêtées lors de la manifestation, selon les rapports de médias israéliens, tandis que des foules de gens ont défilé dans le centre de Tel Aviv, bloquant le pont Maariv à l’un des principaux carrefours de la ville, après minuit.

De petites altercations ont également éclaté entre la police et les manifestants, selon la radio israélienne.

La manifestation proteste contre l’accord émergent entre le gouvernement et un conglomérat israélo-américain chargé de développer les réserves de gaz naturel d’Israël.

Les opposants à l’accord gazier évoquent un « vol » des ressources naturelles israéliennes et appellent une transparence du gouvernement sur l’accord.

Scandant des slogans traitant le magnat de l’énergie Delek, Yitzhak Techouva, de « goinfre » et le gouvernement de « corrompu », les manifestants se sont rassemblés au Kikar Habima, boulevard Rothschild, avant d’avancer vers le complexe gouvernemental de la rue Kaplan, près du centre Azrieli – un itinéraire souvent emprunté par le mouvement social il y a quatre ans.

Le ministre de la Protection de l’environnement Avi Gabai (Koulanou) a envoyé une lettre samedi soir au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour demander une discussion sur la question et critiquer sa gestion de l’affaire.

Gabai a demandé plus de détails et souligné qu’une discussion approfondie, sur les avantages, les inconvénients et les alternatives à l’accord, s’impose de toute urgence. Il a également appelé à répondre aux critiques formulées contre l’accord par divers députés de l’opposition et par l’ancien commissaire anti-trust.

Jeudi, mettant fin à des mois d’obstacles juridiques, un comité du gouvernement a approuvé un plan pour permettre à Noble Energy des Etats-Unis et au groupe Delek d’Israël l’accès aux réserves de gaz offshore Tamar et Leviathan, en dépit du monopole du commissaire anti-trust l’an dernier. Noble-Delek possède également deux petites réserves récemment découvertes.

Les entreprises vendent du gaz au marché israélien depuis le champ Tamar, et ont accepté d’en vendre aux pays voisins. Le champ Leviathan, le plus grand champ de gaz en Méditerranée, n’a pas encore été développé.

Plus tôt samedi, le président de Yesh Atid Yair Lapid a déclaré que son parti n’approuverait pas l’accord émergent.

« Yesh Atid ne soutiendra pas un plan qui ne contient pas de mécanisme de surveillance des prix du gaz », a déclaré Lapid lors d’un rassemblement culturel à Holon samedi. « Cela ne doit pas se faire dans l’ombre, mais être transparent. »

La veille des déclarations de Lapid, Netanyahu avait garanti aux critiques que la décision n’était pas une indication que son gouvernement a cédé à un monopole Noble-Delek.

« Nous défendons une solution réaliste qui apportera du gaz naturel au marché israélien et non une solution populiste qui laissera le gaz enfoui dans les profondeurs de la terre », a déclaré Netanyahu.

« Cela démantèlera le monopole et apportera dans les décennies à venir des centaines de millions de shekels à l’éducation, à la protection sociale, à la santé, pour chaque citoyen israélien », a-t-il dit.

Cependant, Lapid, un certain nombre d’autres députés de l’opposition et l’ancien commissaire anti-trust David Gilo, accusent la société Noble-Delek d’être un cartel et défendent une concurrence accrue dans le marché du gaz au large des côtes d’Israël.

Gilo a déclaré que le partenariat ne générerait pas de réelle concurrence. Il a démissionné en signe de protestation le mois dernier.

Selon l’accord de jeudi, qui a été approuvé par le cabinet de sécurité, Delek doit vendre toute sa part de Tamar, et Noble Energy doit vendre la plupart de ses avoirs dans les six ans. Delek doit vendre ses participations dans deux champs de gaz plus petits dans les 14 mois.

Les ventes forcées visent à ouvrir l’industrie aux concurrents. L’accord prévoit également un prix plafond pour les ventes futures à des sociétés israéliennes et engage les entreprises de gaz à achever le développement du champ de gaz Léviathan d’ici 2019.

Mais selon les critiques, l’accord pourrait en fait renforcer le monopole du gaz, parce que les entreprises maintiendront un monopole sur le champ Tamar pendant les six prochaines années avant d’entrer dans un partenariat similaire pour développer le champ Leviathan.

L’accord sur le gaz présentera sera bientôt présenté à  des objections publiques et doit être approuvé par le gouvernement avant d’être promulgué.