Un projet israélien pour doubler la taille de la ville palestinienne de Qalqilya, située dans le nord de la Cisjordanie, a suscité la colère de ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Zeev Elkin, ministre de l’Environnement, a critiqué jeudi cette proposition, affirmant qu’ « un gouvernement du camp national ne peut accepter une telle réalité. »

Le plan verrait la construction de 14 000 nouveaux logements construits sur environ 250 hectares dans la zone C, contrôlée par Israël, qui entoure la ville. Il permettrait de doubler la population de la municipalité, qui passerait de 50 000 à 110 000 habitants.

Le bureau du Premier ministre a annoncé mercredi dans un communiqué que le projet « a été présenté par le ministre de la Défense l’année dernière et approuvé par le cabinet ». Depuis ce moment, a-t-il noté, « ce sont plus de 10 000 logements qui ont été approuvées à la planification et à la construction au sein des communautés juives. »

Coalition chairman Zeev Elkin (photo credit: Uri Lenz/Flash90)

Zeev Elkin, ministre des Affaires de Jérusalem (Likud), à la Knesset. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Mais dans un courrier adressé au ministre de la Défense Avigdor Liberman, Elkin, du Likud, a affirmé que le projet n’avait pas bénéficié d’un examen approprié de la part du cabinet.

« Pour autant que je m’en souvienne, ce projet, de cette ampleur, n’a jamais été débattu par le cabinet, a écrit Elkin. Faire avancer ce plan sans discussion exhaustive au sein du cabinet est, à mon avis, une tentative de la part des plus-hauts rangs de l’armée de redessiner une nouvelle réalité derrière le dos des politiciens, et je ne peux souscrire à cela. »

Le ministre a appelé Netanyahu et Liberman à mettre un terme à tout nouveau développement jusqu’à ce que le cabinet ait débattu des propositions.

Il a expliqué que toute construction juive au sein des implantations exigeait des débats et l’approbation au plus haut niveau « tandis que dans le même temps, un projet de dizaines de milliers de logements pour les Palestiniens dans la zone C » a été avancé sans un tel examen. Cela démontre « une grave discrimination contre les besoins des implantations israéliennes de Judée et Samarie », a-t-il ajouté.

Le projet permettrait aux logements d’être construites jusqu’à 50 mètres de la barrière de sécurité, ce qui est significativement plus proche que la règle habituelle, qui interdit les constructions à moins de 200 mètres.

Une carte de la ville palestinienne de Qalqilya. La zone colorée représente le projet d'extension. (Crédit :autorisation du Conseil régional de Samarie)

Une carte de la ville palestinienne de Qalqilya. La zone colorée représente le projet d’extension. (Crédit :autorisation du Conseil régional de Samarie)

Naftali Bennett, ministre de l’Education, et Ayelet Shaked, ministre de la Justice, tous deux du parti de droite HaBayit HaYehudi, ont déclaré que même s’ils approuvaient l’approche « de la carotte et du bâton » à l’égard des Palestiniens, « il n’y a aucun doute sur le fait que le projet semble mauvais comparé à la portée très limitée des constructions approuvées par le Premier ministre pour les communes israéliennes », a annoncé la Deuxième chaîne.

Ils ont appelé le Premier ministre à geler le projet jusqu’à ce qu’il reçoive l’approbation du cabinet.

« Le gouvernement d’Israël doit avancer les intérêts israéliens en Judée et en Samarie, ont-ils dit, et pas ceux des Palestiniens. Nous demanderons que le projet soit gelé jusqu’à une nouvelle discussion du cabinet ou jusqu’à ce que 14 000 nouveaux logements pour les Israéliens de la zone C aient été approuvés. »

La vice-ministre aux Affaires étrangères Tzipi Hotovely (Likud) a demandé une hausse parallèle des constructions juives.

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely donne une conférence de presse dans une usine située dans la zone industrielle de Barkan, près d'Ariel en Cisjordanie, le 3 novembre 2015. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely donne une conférence de presse dans une usine située dans la zone industrielle de Barkan, près d’Ariel en Cisjordanie, le 3 novembre 2015. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

« Ajouter des milliers d’unités de logement à Qalqilya sans constructions sérieuses en Samarie nuit aux implantations juives », a-t-elle indiqué dans un communiqué. « Le gouvernement doit s’engager envers les constructions [juives] conformément aux besoins de la zone. Après de longues années de gel des constructions, les plans approuvés ne sont pas adéquats. »

Le ministre du Tourisme et député du Likud Yariv Levin a expliqué que ce projet devait être lié au comportement des dirigeants palestiniens.

« L’Autorité palestinienne [AP] continue ses incitations au terrorisme et à nuire à la sécurité de tous les citoyens israéliens », a-t-il indiqué, selon la Deuxième chaîne. « L’AP viole systématiquement toutes ses obligations. Il serait donc correct de réévaluer la mise en œuvre de la décision d’étendre Qalqilya. »

Selon le même reportage, Netanyahu aurait dit lors d’une réunion à huis-clos qu’il ne comprenait pas pourquoi que les ministres du cabinet, impliqués dans la décision, « la renient au premier signe de critique et de pression. »