Pendant les négociations de paix de l’an dernier, Israël et les Palestiniens étaient engagés dans des négociations secrètes qui ont permis des avancées sur certaines questions. Mais ces efforts se sont effondrés après qu’il soit devenu clair que le négociateur palestinien n’avait pas le soutien du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, selon un rapport publié mercredi.

Selon le site américain The New Republic, un proche collaborateur du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yitzhak Molcho, a rencontré un confident d’Abbas dont on ne connaît le nom, au cours des pourparlers de paix qui ont eu lieu sous l’égide des Américains. Ils ont mené des négociations secrètes parallèles.

Les responsables israéliens n’auraient pas été au courant à l’époque que les pourparlers secrets avaient apparemment eu lieu sans le soutien d’Abbas.

Les contacts entre Molcho et le négociateur palestinien, dont le nom n’a pas été publié par le magazine américain par crainte de représailles, ont commencé en 2010.

Selon le rapport, au cours des réunions ayant eu lieu en 2013, les deux sont partis d’accords déjà atteints auparavant quant aux frontières et à la reconnaissance palestinienne d’Israël comme un Etat juif.

Les deux négociateurs auraient été près de parvenir à un accord sur la question des réfugiés palestiniens, mais n’ont pas réussi à s’entendre sur la question de Jérusalem dans l’accord final.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a refusé de commenter le rapport du Times of Israel.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, l’émissaire d’Obama pour le Moyen-Orient Martin Indyk, et la négociatrice israélienne en chef et ministre de la Justice Tzipi Livni étaient tous au courant des pourparlers parallèles et ont reçu des briefings réguliers alors qu’ils avaient lieu, selon The New Republic.

Comme les deux parties étaient proches de parvenir à un accord sur les questions clés en décembre 2013, la presse a eu vent de ces négociations. Alors que l’équipe de Netanyahu a refusé de commenter, Abbas a nié qu’il y ait eu des négociations secrètes et a déclaré que les pourparlers officiels sont « le seul canal de communication que je partage avec Netanyahu. »

Lorsque Kerry a essayé de fusionner les négociations – officielles et parallèles – au début de 2014, « Abbas a complètement rejeté ce qui avait déjà été, en théorie, accepté par son propre négociateur, » fait savoir l’article.

Selon le magazine, le rejet par Abbas de la négociation parallèle, et le refus de Netanyahu de céder sur ce que Molcho et le négociateur palestinien avaient convenu, ont joué un rôle dans l’échec des négociations en avril, après neuf mois de négociations.

« Netanyahu est en colère contre Kerry pour avoir remis en question des accords que tout le monde considérait comme un fait accompli, juste parce qu’Abbas avait changé d’avis entre temps, » a fait savoir un ministre au média américain alors que les discussions étaient toujours en cours.

Raphaël Ahren a contribué à cet article.