Des obus ont été tirés vendredi soir en provenance d’Israël sur le sud du Liban, près de la frontière, a indiqué une source de sécurité libanaise, l’armée israélienne disant avoir visé, en riposte à une attaque, une infrastructure du mouvement chiite Hezbollah.

« Dix obus tirés depuis le territoire israélien sont tombés sur une zone frontalière dans le sud du Liban », a indiqué la source de sécurité libanaise, soulignant que « les obus sont tombés dans une zone non habitée et n’ont pas causé de victimes ».

Dans un bref communiqué, l’armée libanaise a précisé qu' »à la suite de l’explosion d’une bombe visant une patrouille ennemie israélienne à l’intérieur des territoires occupés (Israël, NDLR), les forces de l’ennemi ont tiré de nombreux obus d’artillerie, dont neuf se sont abattus dans les régions libanaises de Bostra et Halta ».

L’agence de presse libanaise ANI a fait état elle de « six obus tirés entre Kfar Chouba et Halta dans le sud-est du Liban ».

L’armée israélienne a indiqué de son côté dans un communiqué qu’elle avait, « en riposte à l’engin explosif activé contre des soldats de Tsahal tiré sur une infrastructure terroriste du Hezbollah au sud du Liban, touchant son but ».

Selon le porte-parole de l’armée israélienne, Peter Lerner, l’engin a été activé contre un véhicule blindé transportant trois soldats « à la frontière israélo-libanaise, à proximité de Har Dov (désignation israélienne des fermes de Chebaa) », un village libanais aux confins du Liban, de la Syrie et d’Israël.

Le véhicule a été endommagé mais l’explosion de la bombe n’a pas fait de blessé.

« Il s’agit d’une grave attaque qui pourrait menacer la stabilité de la frontière nord d’Israël (…) Il s’agit de la plus grave violation de la frontière à laquelle nous avons assisté récemment », a-t-il ajouté.

« L’armée a répondu en tirant sur des positions du Hezbollah et d’autres positions suspectes (…) le long de la frontière », a poursuivi le lieutenant-colonel Peter Lerner.

Il s’agit du deuxième incident de ce genre depuis le début du mois.

Le 5 mars, l’armée israélienne avait indiqué avoir tiré sur deux membres du Hezbollah et les avoir touchés alors qu’ils plaçaient un engin explosif près de la frontière.

Des accrochages frontaliers se sont récemment produits entre Israël et le Hezbollah, le puissant mouvement chiite qui fut le principal artisan de la fin de l’occupation israélienne du sud du Liban en 2000, sans toutefois dégénérer en confrontation majeure.

Le 26 février, le Hezbollah avait confirmé que l’armée israélienne avait bombardé, deux jours plus tôt, une de ses positions. Il avait alors menacé de riposter à ce raid, le premier depuis la guerre qu’ils se sont livrée en 2006.

Plus de 1 200 Libanais avaient alors été tués, en majorité des civils, ainsi que 160 Israéliens, des militaires pour la plupart.

En mai 2013, Israël avait visé à deux reprises des armes destinées, selon l’Etat hébreu, au Hezbollah près de Damas.

Cet incident à la frontière septentrionale d’Israël survient peu après la fin d’une confrontation brève mais intense entre l’armée israélienne et le Jihad islamique palestinien à Gaza, un allié de l’Iran, comme le Hezbollah.