Quatre ONG israéliennes ont déposé une requête devant la Haute Cour de Justice jeudi, pour demander une explication sur le fait que l’organisation anti-assimilation Lehava n’a pas été poursuivie pour incitation à la violence et au racisme.

Selon Radio Israëll, les organisations signalent que leurs dizaines de requêtes contre Lehava – dont les initiales en hébreu signifient « Empêcher l’assimilation en Terre sainte » – présentées à la Haute Cour de justice et au procureur Yehuda Weinstein, n’ont pas été entendues.

« Au lieu d’exprimer clairement leur opposition au racisme ces dernières années, les défendeurs [l’accusation et le procureur] ont continué à montrer leur impuissance », accuse la lettre.

Les quatre organisations ont cité plusieurs exemples de propos racistes présumés faits par le groupe Lehava et son directeur Bentzi Gopstein.

Elles pointent du doigt les tracts distribués par les bénévoles après l’attaque sur un jeune Arabe en 2012 à Jérusalem où il a été sérieusement blessé.

Elles soulignent aussi les remarques de Gopstein. La lettre à la Haute Cour de justice indique que la révélation d’informations sur les Arabes qui vivent avec des femmes juives était une violation [de la loi] passible de poursuites.

La requête a été déposée par Abraham Fund [Fonds Abraham], Israel Religion Action Center [Centre d’action religieux d’Israël] du mouvement réformiste, la Coalition against Racism [coalition contre le racisme] et le Mossawa Center [Centre Mossawa : groupe défendant l’égalité des citoyens arabes dans le territoire israélien].

En réponse à cette requête, Gopstein a invoqué son droit à la liberté d’expression et a indiqué à la radio qu’au lieu de défendre les droits des terroristes, ces ONG devraient s’inquiéter des droits du peuple juif.

Lehava a fait les une des journaux, le mois dernier après avoir organisé une manifestation lors d’un mariage entre Morel Malka, une jeune femme d’origine juive convertie à l’islam, et un Arabe israélien, Mahmoud Mansour, le 17 août.

Les militants anti-assimilation ont publié sur Internet l’invitation au mariage et ont lancé un appel public aux activistes de se rassembler et de manifester pendant le mariage.

Une ordonnance de la cour avait interdit aux manifestants de s’approcher à moins de deux cent mètres du lieu où était célébré le mariage.

La manifestation a eu lieu comme prévu, sous forte surveillance policière. Quatre militants ont été arrêtés après des affrontements.