Les principales ONG israéliennes de défense des droits de l’Homme ont réclamé vendredi la mise en place d’un couloir humanitaire pour permettre l’évacuation de la bande de Gaza des blessés palestiniens en raison des bombardements continus.

« Nous appelons à une action immédiate afin qu’Israël honore son obligation légale de mettre en place un mécanisme pour réguler l’évacuation de blessés de la bande de Gaza », ont plaidé ces ONG dans une lettre collective, adressée au ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon.

Les organisations demandent ainsi « l’ouverture d’un couloir humanitaire permettant aux habitants de se déplacer des zones bombardées vers les zones sécurisées » et exigent que « les équipes de secours et les personnels médicaux (à Gaza NDLR) puissent remplir leur mission sans mettre leurs vies en danger ».

La lettre dénonce le décalage entre le dispositif humanitaire, auquel Israël avait promis de se tenir après les très nombreuses critiques qu’avaient suscité la gestion israélienne des blessés lors de l’opération « Plomb Durci » en 2008-2009 qui avait fait 1 400 morts, et la réalité sur le terrain.

Ainsi, une famille palestinienne de Beit Lahyia (nord de Gaza) dont la maison était sous le feu des bombardements jeudi soir a demandé son évacuation de la bande de Gaza pendant plusieurs heures, parvenant seulement au petit matin a quitter l’enclave, selon l’ONG Médecins pour les droits de l’Homme qui dénonce des « retards dans la prise en charge des blessés risquant d’alourdir le bilan des victimes ».

« Il existe un mécanisme d’évacuation en temps normal, comme en période de crise qui permet de coordonner entre les médecins des deux côtés les cas d’évacuation humanitaire « , a dit une source sécuritaire israélienne à l’AFP.

« Plusieurs dizaines de civils, mais aussi des combattants ont déjà été pris en charge au point de passage d’Erez (nord de Gaza) par les services du Magen David Adom (équivalent israélien de la Croix Rouge NDLR), évacués vers les hôpitaux de Soroka à Beer Sheva (dans le sud) et de Shéba à Tel Aviv », affirme cette source sous couvert d’anonymat.