L’armée israélienne a averti mardi qu’elle évacuerait les plus de 200 manifestants des ruines de l’implantation de Sa-Nur en Cisjordanie après qu’ils se soient rassemblés tôt mardi matin sur le site préalablement évacué.

Les manifestants ont pris position dans un fort britannique abandonné sur le site à l’occasion de l’anniversaire de 10 ans du désengagement de Gaza de 2005 au cours duquel des résidents juifs ont aussi été évacués par la force de quatre localités dans le nord de la Cisjordanie, dont Sa-Nur.

Les implantations de Kadim, Ganim et Homesh en Samarie ont également été évacuées parallèlement au retrait israélien plus important de la bande de Gaza.

Parmi ceux qui ont pris part à la réoccupation du site il y avait des familles qui avaient été évacuées en 2005 ainsi que des rabbins, des personnalités publiques et le député Bezalel Smotrich du parti nationaliste HaBayit HaYehudi.

« Dix ans après l’expulsion, le temps est venu de rectifier, et le début de la rectification est ici dans le nord de la Samarie », a déclaré Smotrich. « Je pense qu’il est aujourd’hui clair pour chaque enfant en Israël que le désengagement était une folie et qu’en dehors de la terreur et d’un Etat aux mains du Hamas, il n’a rien apporté »

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Les manifestants, qui étaient venus equipés pour un séjour prolongé, se sont introduits en contrebande à Sa-Nur, qui est interdite d’accès pour les citoyens israéliens, au cours d’une randonnée de nuit qui est partie d’une autre implantation de la région. Ils sont entrés dans le fort abandonné et s’y sont installés pour longtemps, selon ce qu’ils ont annoncé.

Cette opération a eu lieu après que la police ait pris d’assaut un projet de construction voué à la démolition par un ordre de la Haute Cour dans l’implantation de Beit El, évacuant environ 200 personnes et en arrêtant 50 suite à des échauffourées.

Limor Har Melekh-Son, qui, avec sa famille, avait été expulsée de sa maison dans l’implantation de Homesh, a déclaré qu’il s’agissait d’un retour aux sources.

« Nous sommes de retour à notre maison pour rectifier le crime qui a été commis, » a-t-elle affirmé.

Deux heures après que les manifestants soient entrés dans Sa-Nur, une patrouille de Tsahal est arrivée et les a avertis qu’ils devaient partir, mais les activistes ont refusé de bouger.

Le Conseil de Yesha a déclaré dans un communiqué qu’il se félicite du « rétablissement de l’implantation de Sa-Nur » 10 ans après ce qu’il a appelé « la terrible erreur et le crime de l’expulsion. »

« Le Conseil de Yesha appelle le gouvernement à autoriser le renouvellement des implantations juives de Sa-Nur et du nord de la Samarie », a écrit le Conseil.

« Ces jours sont une épreuve de force morale pour le gouvernement israélien afin de mettre en œuvre une politique nationale de construction et de développement, et de brandir la bannière des implantations comme une mission importante pour la jeune génération. »

La protestation vient dix ans après que les 40 familles de Sa-Nur ait été expulsées dans le cadre du plan de désengagement beaucoup plus grand de Gaza, qui a vu plus de 8 000 résidents juifs vivant dans l’enclave côtière évacuée par l’armée israélienne.

Sous le Premier ministre d’alors, Ariel Sharon, Israël a évacué les 21 localités juives situées dans la bande de Gaza en août 2005 et a cédé le contrôle de l’enclave à l’Autorité palestinienne.

Des résidents des implantations ont tenté de rétablir Sa-Nur et d’autres localités de Cisjordanie évacuées dans le passé, entre autres en 2008, quand quelques milliers de personnes ont convergé vers Homesh et des dizaines d’autres vers Sa-Nur dans une tentative de courte durée pour les reconstruire.