Des Palestiniens ont jeté dimanche des œufs sur le convoi du ministre canadien des Affaires étrangères John Baird, venu rencontrer son homologue à Ramallah, le siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, a constaté un photographe de l’AFP.

Des mouvements de jeunes, dont celui du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, avaient appelé à manifester contre la visite de M. Baird, dont le pays est l’un des soutiens les plus solides d’Israël.

Fin 2012, le Canada avait été l’un des très rares pays à s’opposer à l’accession de la Palestine au statut d’Etat observateur à l’ONU. Et durant l’été, le gouvernement canadien réaffirmait le droit d’Israël à se défendre.

La presse palestinienne se faisait dimanche l’écho d’une nouvelle passe d’arme entre Baird et le négociateur en chef palestinien Saëb Erekat : il y a quelques jours, le premier exigeait du second qu’il s’excuse auprès d’Israël après avoir comparé l’Etat hébreu à l’organisation djihadiste Etat islamique qui multiplie les exactions en Irak et en Syrie.

Dans une tribune publiée dans un journal canadien, Erekat a retourné la même exigence, appelant Baird à s’excuser auprès du peuple palestinien pour avoir placé son pays « du mauvais côté de l’Histoire ».

Lors de sa rencontre avec son homologue Ryiad al-Malki, Baird a plaidé pour un retour à des négociations israélo-palestiniennes « directes », une option que Palestiniens et Israéliens rejettent fermement en l’état.

« J’ai demandé au ministre de réévaluer les conséquences de toute action qui pourrait être contre-productive en vue d’une solution négociée avec l’Etat d’Israël », a affirmé Baird dans un communiqué.

Les pays alliés d’Israël, Canada et Etats-Unis en tête, s’opposent fermement à l’offensive diplomatique des Palestiniens qui entendent faire revoter un projet de résolution relatif au retrait israélien sous trois ans et viennent d’adhérer à la Cour pénale internationale pour y poursuivre des dirigeants israéliens.