Des spéléologues israéliens sont tombés sur une menorah et une croix gravées sur les murs de calcaire d’un ancien réservoir d’eau. Ces découvertes seraient vieilles de plusieurs siècles, a annoncé l’Autorité des Autorités israéliennes (IAA) dans un communiqué publié mardi.

Ce sont les membres du groupe de spéléologie du Caving Club israélien qui ont découvert ces sculptures taillées dans la pierre dans les plaines de Judée, ce week-end. Il s’agit d’une menorah de près d’un mètre avec sept branches similaires à celle qui se trouvait dans le Temple de Jérusalem, une croix ainsi que la représentation d’une clé ancienne.

D’autres gravures qui n’ont pas été encore identifiées ont aussi été trouvées, a fait savoir l’IAA.

L’IAA a refusé de donner le nom du site ou tout autre détail permettant sa localisation afin d’éviter que les gens puissent affluer vers ces nouvelles découvertes et potentiellement les endommager.

Le communiqué de l’organisation a souligné le fait que la menorah a été trouvée durant la fête de Hanoukka, lorsque les Juifs allument des candélabres en commémoration de la restauration de l’ancien Temple de Jérusalem.

“Nous avions entendu qu’il y avait des grottes intéressantes dans la région. Nous avons commencé à les explorer et c’est ainsi que nous sommes arrivés dans cette caverne, qui est extrêmement impressionnante avec ses niches taillées dans le roc et ses gravures sur le mur », a expliqué Meroz, l’un des randonneurs, dans une déclaration.

“Alors que nous étions sur le point de faire demi-tour, nous avons soudainement remarqué une gravure qui, au premier coup d’œil, semblait représenter une menorah. Quand nous avons réalisé qu’il s’agissait d’une représentation ancienne d’une menorah, nous avons été très excités. Cette apparition sur le mur se distinguait bien.”

Le spéléologue Ido Meroz à proximité des gravures que lui et ses collègues ont découvert dans un réservoir d'eau des plaines de Judée en décembre 2016 (Crédit : Mickey Barkal via Autorité des Antiquités israélienne )

Le spéléologue Ido Meroz à proximité des gravures que lui et ses collègues ont découvert dans un réservoir d’eau des plaines de Judée en décembre 2016 (Crédit : Mickey Barkal via Autorité des Antiquités israélienne )

Saar Ganor, archéologue à l’IAA et responsable de la région d’Ashkelon, a étudié les gravures et a déterminé que la menorah avait probablement été réalisée pendant la période du Second Temple – qui s’étend d’environ 530 ans avant l’ère commune à 70 ans après l’ère commune – et que la croix date probablement de la période byzantine, aux environs du 4e siècle après l’ère commune.

« Il est rare de retrouver une gravure sur un mur représentant une menorah » qui est un “symbole distinctif juif”, a indiqué Ganor.

L’Autorité ses Antiquités israéliennes a déclaré que seulement deux gravures de menorah avaient été répertoriées dans la région où la dernière a été trouvée : l’une a été découverte dans une presse à huile de Beit Loya et une autre dans une tombe située à proximité de Beit Guvrin — toutes deux à l’est de la ville moderne de Kiryat Gat.

“Il est impossible de dater une gravure de façon spécifique”, a expliqué Ganor au Times of Israel. “Ce n’est pas une poterie. Vous ne pouvez pas utiliser la méthode de datation au carbone 14. »

Mais un site archéologique qui avait été précédemment étudié, situé à proximité du réservoir d’eau, remonte aux périodes romaine et byzantine. Durant ces époques, des Juifs et des Chrétiens ont vécu dans l’implantation, peut-être simultanément au cours des dernières années qui ont marqué ces périodes.

“Il est possible qu’il y ait eu des familles qui se soient converties au Judaïsme à partir du Christianisme”, a-t-il suggéré. “Ou peut-être y a-t-il eu des familles qui étaient chrétiennes et juives”. La raison pour laquelle ces images ont été gravées dans un réservoir d’eau inaccessible reste toutefois incertaine.

Gravure d'une croix découverte dans un réservoir d'eau des plaintes de Judée en décembre 2016 (Crédit : Saar Ganor, Autorité des Antiquités israéliennes)

Gravure d’une croix découverte dans un réservoir d’eau des plaintes de Judée en décembre 2016 (Crédit : Saar Ganor, Autorité des Antiquités israéliennes)

Ganor a indiqué qu’en raison des difficultés d’accès au réservoir où les gravures ont été trouvées, de la patine au coeur des gravures et du fait qu’elles se distinguent du contexte historique du site, la probabilité est forte que ces découvertes soient authentiques, et non pas modernes.

L’IAA a d’ores et déjà commence à étudier les gravures du réservoir et programme des recherches supplémentaires.