Schwerte est une ville qui compte 50 000 habitants.

Située au sud de Dortmund, sa capacité d’accueil des réfugiés dans des logements de la ville, n’est pas suffisante pour faire face aux nombreuses demandes d’asile politique, actuellement au nombre de 200.

Pour pallier à son déficit d’infrastructures, la municipalité a jugé bon de reloger 21 réfugiés politiques dans une annexe de l’ancien camp nazi de Buchenwald, située en périphérie de la ville, rapporte le quotidien israélien Ynet.

Le camp de travail, créé en 1937, a vu défiler des prisonniers allemands, des militaires alliés, des prisonniers politiques, des juifs, des tziganes et des homosexuels.

Théâtre de nombreux massacres, Buchenwald était parfois un lieu de transit vers des camps d’extermination comme Auschwitz.

Selon le porte-parole de la mairie, « la solution est d’ordre pratique ». Les réfugiés devraient pouvoir s’installer dans le bâtiment au cours de la semaine.

Le gouvernement allemand, et de nombreuses organisations, ont vivement critiqué ce choix qui n’est pas sans rappeler des « périodes sombres de l’histoire allemande ».

Cette polémique s’inscrit dans un contexte compliqué pour l’Allemagne – qui fait face à des manifestations controversées anti-islam et qui continuent de prendre de l’ampleur à Dresde, dans l’est de l’Allemagne.

Les autorités sont inquiètes de l’image du pays (malgré une grande mobilisation à l’échelle nationale).

Dans un pays encore marqué par son passé nazi et qui cherche à attirer des immigrés pour compenser son déclin démographique, la multiplication de manifestations xénophobes a provoqué une levée de boucliers sans précédent. Les politiques, les médias, les milieux d’affaires et de nombreux citoyens sont mobilisés contre l’islamophobie sur les réseaux sociaux et dans la rue.