La Ligue anti-diffamation (ADL) a déclaré mercredi que la résolution qui devrait être entérinée par le Conseil de l’ONU des droits de l’Homme aujourd’hui, dépassait les critiques ordinaires de la communauté internationale liées aux implantations.

La résolution mènera potentiellement à des boycotts contre Israël et pourrait nuire aux négociations de paix.

D’autres organisations juives et pro-israéliennes ont rejoint la Ligue pour dénoncer les prétendus préjugés du Conseil contre Israël.

Les organisations ont demandé au Conseil d’annuler le vote exclusivement voué à critiquer l’État juif.

« Une fois de plus, un organisme de l’ONU en fait son affaire de délégitimer et d’isoler, de manière inappropriée, Israël, » a déclaré Abraham Foxman, le directeur national de l’ADL basée à New York.

L’ADL demande aux États membres du Conseil des droits de l’Homme de s’opposer à la résolution intitulée « Les colonies de peu­plement israé­liennes dans le ter­ri­toire pales­tinien occupé, y compris Jérusalem Est, et le Golan syrien occupé. »

La résolution conseille à la communauté internationale de ne pas faire de commerce avec les implantations situées au-delà des frontières de 1967. Elle devrait être votée aujourd’hui, avant la fin de la 25ème session du Conseil des droits de l’Homme.

Dans la résolution, le Conseil, basé à Genève, demande à tous les États de « s’assurer qu’ils n’agissent en aucun cas d’une manière qui aiderait à l’expansion des implantations ou la construction du mur sur les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem Est, de manière directe ou indirecte. »

Abraham Foxman, directeur national de l'Anti-Defamation League. (Crédit: Miriam Alster/Flash90)

Abraham Foxman, directeur national de l’Anti-Defamation League. (Crédit: Miriam Alster/Flash90)

De plus, le document « souligne la responsabilité potentielle, y compris la responsabilité criminelle, de complicité des entreprises de violation du droit international concernant les colonies illégales. » Les entreprises, s’étant déjà retirées des implantations pour éviter ce risque, y sont saluées.

« Cette résolution tente d’avancer une position similaire aux éléments du mouvement anti-israélien de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) et met, en même temps, les négociations de paix sérieusement en danger, » a annoncé Foxman dans un communiqué.

La résolution est une attaque à Israël « plus importante encore que toutes [celles prises au cours des] sessions précédentes, » a exprimé Foxman dans une lettre adressée au Conseil des droits de l’Homme.

« Le langage dépasse les politiques actuelles de la plupart des pays en ce qui concerne les implantations israéliennes, » écrit Foxman.

« Nous pensons respectueusement qu’aucun pays ne devrait voter en faveur de cette résolution abusive. En votant contre la résolution, votre gouvernement peut encourager le CDH et ses États membres à annuler les mesures préjudiciables en faveur d’une étape constructive vers une solution à deux États à l’aide d’une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien. »

Plus tôt cette semaine, le groupe d’observation UN Watch, basé à Genève, a averti que le CDH « planifie une attaque à l’État juif la semaine prochaine avec une série de cinq résolutions qui – citant le responsable de l’ONU Richard Falk – comportent de nouvelles accusations de racisme. »

Les résolutions écrites par la Syrie et l’Autorité palestinienne « débordent de vocabulaire incendiaire et unilatéral, y compris de nouveaux termes inspirés par le BDS, » a écrit le groupe sur son site Internet.

Les cinq résolutions incluent la condamnation des présumées violations de la charte des droits de l’Homme par Israël à Jérusalem Est et sur le plateau du Golan.

Elles ont été discutées cette semaine en accord avec l’impopulaire point 7 de l’ordre du jour. Depuis 2007, Israël est le seul pays dont les violations des droits de l’Homme font partie d’un point permanent de l’ordre du conseil.

Lundi, le Conseil a tenu un débat sur le point 7, intitulé « la situation des droits de l’Homme en Palestine et d’autres territoires arabes occupés.”

Pendant le débat, des pays comme le Yémen, le Liban, l’Algérie, l’Indonésie et le Venezuela se sont exprimés à propos du point 7. Ces pays ont exprimé leur inquiétude par rapports aux efforts qui visent à lui porter atteinte.

Le point 7 de l’ordre du jour fait « partie intégrante » du programme du conseil, a indiqué le Pakistan au nom de l’Organisation de coopération islamique, « et devrait rester un point permanent de l’ordre de l’ONU.

Plusieurs organisations juives et pro-israéliennes se sont attaquées au point 7 de l’ordre du jour. Le groupe UN Watch affirme que le point 7 a fait l’objet de critiques de la part du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon quand il a été mis en place.

Un représentant de l’Union européenne des étudiants juifs s’est plaint que cette discussion soit le seul point permanent uniquement dédié à la discussion des affaires internes d’un seul pays.

« Est-ce que les jeunes Afghanes privées d’éducation parce qu’elles sont des femmes ne mérite pas une quelconque attention ? » a demandé le représentant, selon la transcription de la discussion.

Le point devrait être supprimé de l’ordre du jour car il « offense les nombreuses victimes silencieuses qui continuent de souffrir des abus de leurs droits. »

« Nous connaissons tous les situations qui sont ignorées à cause de cette obsession »

Andrea Tobia

S’exprimant au nom du Corps diplomatique juif du Congrès juif mondial, le Romain Andrea Tobia s’est plaint que le CDH a passé jusqu’à présent plus de 45 résolutions anti-israéliennes, ce qui fait un tiers des résolutions visant des pays spécifiques.

« Nous connaissons tous les situations qui sont ignorées à cause de cette obsession, » a-t-il déclaré à Genève.

« Au nom de la paix au Moyen Orient, nous demandons respectueusement au Conseil de se soucier de l’importance des mots. Afin de s’assurer que le Conseil joue un rôle productif dans le processus de paix. Et qu’il supprime le point 7 de son ordre du jour. »

Les diplomates israéliens n’ont pas participé aux débats en raison des grèves. Jérusalem s’était retirée du CDH en 2012 pour protester contre son prétendu préjudice contre Israël.

À la fin de l’année dernière, Israël a rejoint l’organisme après la promesse des États occidentaux d’accepter le pays au sein du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États.

Cela permettait à Jérusalem de faire valoir ses intérêts au sein de l’organisme. De plus, les États du groupe ont accepté de ne pas participer aux débats sur le point 7 pendant deux ans.