A Mossoul, des soldats irakiens pestent contre le décret du président américain Donald Trump, ne comprenant pas pourquoi ils seraient empêchés d’aller aux Etats-Unis alors qu’eux mêmes luttent contre un groupe terroriste.

La Maison Blanche a annoncé vendredi avoir interdit pendant trois mois l’arrivée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays musulmans, dont l’Irak, une mesure visant à lutter contre les « terroristes islamistes radicaux ».

Ces restrictions pourraient s’aliéner les citoyens et les responsables d’un pays en guerre contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), d’autant qu’ils ont déjà peu apprécié les déclarations de M. Trump affirmant que les Etats-Unis auraient dû voler le pétrole irakien avant de retirer leurs troupes de ce pays en 2011.

« Ce n’est pas juste ! (…) Je devrais avoir le droit de visiter ma famille », plaide Assem Ayad, un soldat de 23 ans déployé dans la grande cité septentrionale qui dit avoir trois cousins vivant au Texas, dans le sud des Etats-Unis.

« Cette décision a été prise car il y a des groupes terroristes en Irak, mais il y a aussi des gens innocents », et parmi eux ceux qui combattent contre les jihadistes, poursuit le soldat, un fusil d’assaut américain sous le bras.

Les Etats-Unis sont à la tête depuis septembre 2014 d’une coalition internationale antijihadiste soutenant les forces irakiennes dans leur guerre contre l’EI qui s’était emparé en juin 2014 de Mossoul, deuxième ville d’Irak.

‘Jusqu’à la dernière goutte de sang’

Washington, qui compte aujourd’hui plus de 4 800 soldats dans ce pays, apporte une aide importante aux forces irakiennes qui ont lancé le 17 octobre une vaste opération militaire pour chasser les jihadistes de leur fief.

« Pourquoi nous interdire l’entrée aux Etats-Unis alors que (leurs soldats) sont dans mon pays et y ont des bases », soulève Haider Hassan, un soldat de 45 ans.

Hamza Kadhim, un autre soldat de 34 ans, ne comprend pas la mesure américaine et souligne que les actes des terroristes ne reflètent pas l’islam.

« Le jour de son investiture, Trump a affirmé qu’il allait combattre le terrorisme islamique. En tant que soldats irakiens qui défendons notre pays et combattons les terroristes, nous lui disons : l’islam n’est pas le terrorisme. L’islam est une religion d’amour et de fraternité », dit-il.

« Nous n’envoyons pas de terroristes vers l’étranger (…) En revanche, des personnes venant de l’étranger sont arrivées en Irak pour tuer, violer et voler, et nous allons les combattre jusqu’à la dernière goutte de sang », ajoute-t-il, en référence aux combattants de l’EI.

Abou Mohamed, père de trois enfants ayant fait une demande d’immigration vers les Etats-Unis il y a quatre ans, avait l’intention de déménager dans un mois ou deux mais craint aujourd’hui que son voyage ne soit remis en cause.

« Pourquoi nous fermer la porte au nez ? », lâche-t-il.