Le klezmer, répandu aux XVIIIe et XIXe siècles dans les communautés juives d’Europe orientale, a ressuscité en Occident à la fin du XXe, et se renouvelle depuis perpétuellement : le festival Jazz’n Klezmer à Paris en présente les divers courants.

Le trompettiste Frank London et la chanteuse Eleanor Reissa, qui appartiennent à la communauté juive new-yorkaise, interprètent un klezmer plutôt dans la tradition festive du genre. Tout en le parsemant de quelques riffs de guitare électrique, qui lui donnent une touche moderniste.

Ces deux musiciens, à la tête d’une formation étoffée, avec cuivres et accordéon, ouvriront mercredi à l’Espace Rachi la 16e édition du festival, qui se poursuivra jusqu’au 4 décembre dans diverses salles.

Le groupe parisien Autoryno aborde différemment cette musique. Dans son rock progressif, le klezmer est plus diffus, utilisé comme l’une des nombreuses couleurs d’une musique intégrant par exemple aussi du dub.

Le Canadien DJ Socalled, lui, est un adepte d’une musique délirante et dansante, dont le klezmer est une composante, au même titre que le funk, le hip hop et l’électro. Une musique assez éloignée formellement du klezmer originel.

Le klezmer acoustique du groupe israélien The Angelcy, quant à lui, fait plus que flirter avec le folk ou le dixieland.

Musique souvent joyeuse, parfois pleureuse, le klezmer et ses mélodies tournoyantes et entêtantes ont connu leur apogée à la toute fin du XIXe siècle et au tout début du XXe, accompagnant les fêtes juives.

Les pogroms, les vagues d’émigrations successives, la Shoah, ont failli lui être fatale. Avant une renaissance à partir de la fin des années 1970 dans les grandes capitales juives : Buenos Aires, New York, Londres, Amsterdam, Paris…

Déjà composite à l’origine avec ses emprunts aux musiques balkaniques et tziganes, ce « new klezmer » s’est alors métissé avec le jazz, le funk, le tango, l’électro, le rock, le folk, le hip hop, le classique…

Affiche du festival Jazz’n Klezmer (Crédit : site officiel)