L’Etat islamique (EI) prévoyait d’utiliser des armes chimiques ou biologiques en Irak, mais a été interrompu par les forces de la coalition qui se battent contre le groupe terroriste dans la ville assiégée de Mossoul, a annoncé Sky News samedi.

Les armes, dont beaucoup portent des marques russes, et des lanceurs artisanaux ont été découverts par les commandos français travaillant avec les troupes irakiennes qui ratissent les zones de la ville qui ont été reprises au groupe terroriste sunnite.

L’article a annoncé que les armes trouvées dans un entrepôt abandonné près du fleuve Tigre provenaient probablement de Syrie.

Des responsables irakiens ont déclaré à Sky News que la zone était contaminée par du « poison », sans donner plus de précisions.

Des substances non identifiées retrouvées dans de grands contenants réfrigérés dans l’entrepôt sont en train d’être testées, selon l’article.

Les journalistes de Sky News ont annoncé qu’une très forte odeur de produits chimiques émanait de l’entrepôt, et qu’ils avaient été prévenus que la zone entière était contaminée.

Des forces irakiennes avec des masques à gaz pour se protéger de la fumée après la mise en feu par l'Etat islamique d'une usine de sulfure, près de la base de Qayyarah, à 30 km au sud de Mossoul, le 22 octobre 2016. (Crédit : Ahmad Al-Rubaye/AFP)

Des forces irakiennes avec des masques à gaz pour se protéger de la fumée après la mise en feu par l’Etat islamique d’une usine de sulfure, près de la base de Qayyarah, à 30 km au sud de Mossoul, le 22 octobre 2016. (Crédit : Ahmad Al-Rubaye/AFP)

Un responsable a déclaré que les projets de l’EI pour utiliser ces armes ont été interrompus par le lancement de l’offensive de la coalition pour reprendre Mossoul au groupe terroriste il y a quatre mois.

Il a été annoncé plusieurs fois ces trois dernières années que l’EI utilisait ou cherchait à utiliser des armes non conventionnelles. En novembre, l’organisation d’analyse londonienne IHS Markit avait annoncé que des terroristes de l’EI ont utilisé des armes chimiques au moins 71 fois depuis 2014 en Irak et en Syrie.

L’IHS a également déclaré que Mossoul était probablement le centre de production d’armes chimiques du groupe, et conclu que des gaz chlorite et moutarde avaient été produits.

En septembre, l’aviation de la coalition menée par les Etats-Unis a détruit une usine proche de Mossoul soupçonnée d’être utilisée par l’EI pour fabriquer des armes chimiques. Des observateurs ont affirmé à plusieurs reprises que l’EI utilisait des armes chimiques, et le Pentagone a confirmé que les terroristes avaient déployé des engins utilisant du chlorite et du gaz moutarde.

L’année dernière, le corps exécutif de l’association de surveillance mondiale des armes chimiques avaient condamné l’usage d’armes toxiques par les terroristes de l’EI et par la Syrie.

L’organe dirigeant de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait également exprimé son inquiétude devant les « écarts et les contradictions » de la déclaration faite en 2013 par la Syrie sur la taille de son arsenal chimique.

Une résolution, adoptée par un rare vote majoritaire, « condamne dans les termes les plus forts l’utilisation d’armes chimiques dans la République arabe de Syrie », avait déclaré l’OIAC dans un communiqué.

Il citait les conclusions d’une enquête commune des l’OIAC et des Nations unies qui indiquait que « les forces armées arabes syriennes et l’Etat dit islamique […] ont été impliqués dans l’utilisation d’armes chimiques. »

Alors que l’opération de Mossoul entre dans son quatrième mois, les forces irakiennes ont repris environ un tiers de la ville, étroitement contrôlée par l’EI depuis plus de deux ans. Même si les responsables irakiens avaient promis que la ville serait « libérée » l’année dernière, les combats vont probablement durer encore plusieurs mois.

Des agences ont contribué à cet article.