Ce n’était peut-être pas la nourriture servie dans les camps de concentration, mais ce n’était certainement pas la qualité de service que les survivants de la Shoah attendaient en se rendant à la cérémonie commémorative tenue en leur honneur.

Le site internet Spiegel Online a rapporté que, lors d’un déjeuner tenu la semaine dernière,  après une cérémonie marquant le 70e anniversaire de la libération du camp de concentration de Ravensbrück dans le Brandebourg, en Allemagne, les survivants étaient munis de bols en plastique alors que les VIP ont dîné dans des assiettes en porcelaine et ont eu droit à un service assuré par des serveurs.

Des photos prises lors du déjeuner montrent que les tables en bois autour desquelles environ 90 rescapés se sont restaurés avaient été laissées telles quelles.

En revanche, les tables dédiées aux invités d’honneur, comme Daniela Schadt, compagne du président allemand Joachim Gauck et l’épouse du président polonais Anna Komorowska, étaient recouvertes d’élégantes nappes blanches.

« Ce contraste était honteux », a déclaré au Spiegel Online un étudiant, venu accompagner un groupe de survivants polonais.

La Fondation Brandenburg Memorial Site, organisatrice de l’événement, s’est défendue en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un déjeuner complet, mais plutôt d’une collation pour faire patienter les participants, jusqu’au repas festif organisé plus tard dans la journée par le gouvernement de l’État de Brandebourg, auquel les survivants et leurs familles étaient conviés.

Des proches du gouvernement local auraient remis en question la conception particulière de l’hospitalité montrée par la Fondation, mais cette dernière s’est défendue en indiquant avoir reçu des courriels de la part du président du Comité international pour Ravensbrück et du président du Comité pour Ravensbrück en Israël, tous deux la remerciant pour le repas servi avec des couverts pour pique-nique.

Ravensbrück a été ouvert par les nazis en mai 1939 pour servir de camp de concentration reservé aux femmes.

Entre cette date et la fin de la Seconde Guerre mondiale, quelques 130 000 femmes prisonnières sont passées par le camp, y compris 26 000 femmes juives.

Quand les Russes ont libéré Ravensbrück le 30 avril 1945, le camp comptait seulement 3 500 personnes. Environ 25 000 autres avançaient vers Mecklembourg, lors de l’une des « marches de la mort ». Les survivants de la marche furent libérés par une unité scout russe.

Le camp de concentration de Ravensbrück en 1939. (Crédit : Bundesarchiv, Bild 183-1985-0417-15 / CC-BY-SA [CC BY-SA 3.0 de http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/de/deed.en)], via Wikimedia Commons)