Des partisans de l’organisation les Femmes du mur ont affronté les gardiens à l’entrée du complexe du mur Occidental à Jérusalem vendredi alors qu’elles tentaient de faire entrer un rouleau de Torah pour la prière mensuelle du groupe organisée sur le site.

Des douzaines d’hommes et de femmes, notamment d’anciens parachutistes qui faisaient partie du bataillon qui avait libéré le mur après la guerre des Six jours, ont tenté de forcer les règles mises en oeuvre sur la place qui interdisent l’entrée dans la section des femmes avec un rouleau de Torah.

Alors que les gardes s’avançaient pour confisquer le rouleau de Torah et l’empêcher d’entrer sur le site, l’ancien commandant de l’armée israélienne Micha Eshet « a été jeté au sol » après qu’il a refusé de le donner, a fait savoir l’organisation dans un communiqué.

Les gardes de sécurité ont finalement permis au groupe de faire entrer le rouleau de Torah sur la place à approximativement 10 mètres de la porte pour une lecture.

Cette lecture a suivi le service de prière mensuelle Rosh Hodesh (nouveau mois) qui est organisé par le groupe dans la section réservée aux femmes.

Au mur Occidental, les fidèles de la prière pluraliste ont été accueillis par un certain chahut initié par des manifestants ultra-orthodoxes, qui ont tenté de perturber la prière par des sifflets et des injures, selon l’organisation.

Après le service, Eshet a indiqué que les parachutistes n’avaient pas conquis le mur Occidental uniquement pour les ultra-orthodoxes.

« Nous avons libéré le mur pour les hommes et pour les femmes », a-t-il dit. « Nous ne pouvons plus supporter une gestion sur le modèle d’une synagogue ultra-orthodoxe, dans laquelle il est interdit aux Femmes du mur de prier conformément à leurs habitudes depuis 30 ans ».

Un manifestant ultra-orthodoxe a riposté en hurlant : « Qu’est-ce que vous avez fait au mur Occidental ? C’est Dieu qui a libéré le mur, pas vous ».

Un autre parachutiste vétéran a menacé de continuer le mouvement de protestation jusqu’à ce que le gouvernement tienne sa promesse de construire une zone de prière mixte permanente.

« Ce n’est que le début. Nous sommes là afin de faire en sorte que le gouvernement applique l’accord sur le Kotel », a expliqué Oded Hon. « La manière dont le mur Occidental est dirigé aujourd’hui ne représente pas de nombreux Israéliens dont je fais partie ».

Il y a cent rouleaux de Torah qui ont été mis à disposition pour l’usage public sur la place principal du mur Occidental, même si les autorités interdisent que ces rouleaux soient apportés dans la section réservée aux femmes.

L'ancien parachutiste Micha Eshet parle avec les gardes de sécurité alors qu'il tente de faire entrer un rouleau de Torah au mur Occidental pour les Femmes du mur, le 20 octobre 2017 (Crédit : Hila Shiloni)

L’ancien parachutiste Micha Eshet parle avec les gardes de sécurité alors qu’il tente de faire entrer un rouleau de Torah au mur Occidental pour les Femmes du mur, le 20 octobre 2017 (Crédit : Hila Shiloni)

Au mois d’avril 2013, un tribunal israélien a reconnu officiellement le droit des femmes à prier conformément à leurs croyances au mur Occidental, statuant que cela ne venait pas violer une « coutume locale », le concept qui avait été cité comme étant à la base de l’interdiction de certains rites de prières auxquels voulaient s’adonner les femmes en tant que groupe. Toutefois, l’autorité rabbinique du site a édicté que les rouleaux de Torah ne pouvaient pas entrer dans la section des femmes, citant des inquiétudes concernant de possibles vols.

L’organisation des Femmes du mur, qui se retrouve au mur Occidental une fois par mois pour la prière avait, dans le passé, réussi à faire entrer un rouleau miniature de Torah. Le groupe féministe prône une plus grande égalité pour que les femmes puissent s’engager dans leurs pratiques rituelles au mur Occidental, notamment la permission de lire des rouleaux de Torah et de danser dans le lieu saint.

Une décision prise le 31 août par la Haute cour a demandé à l’Etat de revenir sur le refus de mettre en oeuvre la décision prise au mois de janvier 2016 par le gouvernement de construire une zone mixte au mur Occidental et, s’il ne le fait pas, d’examiner « s’il existe une option légale pour que le tribunal oblige l’application de cette décision ».

En réponse, le gouvernement a fait savoir le mois dernier qu’il ne prévoit pas de « repenser » son gel de la décision de créer une plate-forme de prière pluraliste au mur Occidental – et que la cour n’est pas en mesure de l’obliger à le faire.

La décision de geler l’accord avait coïncidé avec une date-butoir décidée par la Haute-cour pour que l’Etat réponde aux requêtes portant sur son incapacité à faire appliquer l’accord et à construire la plateforme mixte aux abords de l’arche de Robinson.

Cette décision avait causé la consternation des groupes libéraux et des Juifs de la diaspora.