D’importantes personnalités économiques et scientifiques israéliennes ont rencontré leurs homologues pékinois. Cette intense activité reflète la volonté des deux pays d’approfondir leur coopération dans le domaine commercial et technologique.

Un groupe de travail interministériel, mené par le Conseil national économique israélien, et une équipe du ministère israélien de l’économie dirigée par le chef scientifique Avi Hasson, se sont réunis avec leurs homologues chinois de la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) pour élaborer des plans concrets d’après un modèle déjà réussi.

La délégation chinoise, dirigée par Ren Zhiwu – directeur général adjoint du département industriel high-tech du NDRC – est arrivée en Israël la semaine dernière pour des réunions avec le groupe israélien. C’est la première fois qu’une équipe gouvernementale prestigieuse se rendait en Israël.

La délégation chinoise était composée de sept représentants du NDRC et d’une délégation commerciale de 33 représentants des principales entreprises chinoises dans des secteurs comme le biomédical et le capital-risque, et de représentants de plusieurs parcs industriels high-tech chinois choisis par la NDRC pour opérer des joint-ventures avec Israël.

En 2013, la Chine était le deuxième partenaire commercial d’Israël, avec des exportations à hauteur de 2,88 milliards et des importations de 7,99 milliards de dollars. L’électronique constitue 40 % des exportations chinoises.

La mission commerciale d’Israël en Chine répertorie au moins 250 entreprises israéliennes présentes là-bas, et l’Export Institute a organisé de nombreux séminaires conçus pour aider les entreprises à se faire une place en Chine.

Beaucoup d’entreprises israéliennes prospèrent sur ​​le marché chinois. Solbar, par exemple, le plus grand fabricant mondial de produits à base de soja, possède une grande usine de fabrication en Chine, où il fabrique principalement des produits pour le marché local.

La protéine de soja de Solbar et d’autres produits sont populaires parmi les fabricants chinois de produits végétariens et carnés transformés, vendus sur le marché local et à l’exportation, vers d’autres pays d’Extrême-Orient. Solbar, en réalité, est l’une des rares sociétés israéliennes – ou même non chinoises – à avoir remporté le premier prix du gouvernement chinois pour son excellente gestion.

L’intérêt d’Israël pour la Chine n’est pas à sens unique. Les Chinois s’efforcent d’attirer les entreprises israéliennes vers les espaces de haute technologie qui poussent tout autour de leur pays. L’un d’eux, dans la ville de Changzhou, à environ 160 km de Shanghai, construit un centre communautaire avec une synagogue et un restaurant casher, destiné à faciliter le quotidien des entrepreneurs israéliens.

« Nous sommes très reconnaissants que tant d’entreprises israéliennes choisissent Wujin Economic Zone (WEZ) pour leurs opérations en Chine », déclare Pierre Shi, administrateur adjoint.

« Nous voulons que les Israéliens de se sentent à l’aise dans notre région, et le nouveau centre, de 25 000 mètres carrés, leur offrira une occasion de profiter de la culture israélienne, à la fois laïque et religieuse, et leur procurera même de la nourriture casher, de style chinois, bien sûr. »

Le commerce entre les deux pays est appelé à croître dans les prochains mois avec la mise en place d’un fonds de 100 millions de dollars d’investissement par le Catalyst Equity Management israélien et Everbright basé à Hong Kong en mars de cette année. « La Chine a de nombreux besoins, et nous pensons que les entreprises israéliennes sont en position unique pour apporter à un grand nombre de solutions à ce pays », a déclaré Shangyan Fen, responsable de l’investissement stratégique et du développement à China Everbright Ltd.

« Nous nous concentrons sur l’importation de sociétés qui proposent des solutions dans des domaines comme la technologie, l’environnement et la technologie de l’eau, la fabrication, et même pour répondre aux besoins des consommateurs. »

La visite de la délégation du NDRC favorisera encore le commerce, a déclaré le chef scientifique Hasson. « Les rencontres entre les entreprises israéliennes et chinoises dans ce cadre produiront de véritables résultats commerciaux », déclare Hasson. « Je doute que ceux-ci puissent être obtenus sans coopération entre les deux pays à un niveau officiel. »

Avec les deux gouvernements pleinement engagés dans le business, la Chine pourrait devenir un jour le plus grand partenaire commercial d’Israël, une position aujourd’hui occupée par l’Union européenne, qui représente actuellement trois fois la valeur des échanges entre la Chine et Israël.