Un soldat égyptien a été tué et un autre blessé lundi dans le nord du Sinaï dans deux attaques séparées, ont indiqué des responsables de la sécurité au lendemain d’attentats meurtriers qui ont fait 14 morts.

Le nord du Sinaï est le théâtre d’attentats quasi-quotidiens visant les forces de sécurité, revendiqués par des groupes jihadistes qui disent agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi depuis sa destitution par l’armée en juillet 2013.

Lundi, des hommes armés ont tué par balle un soldat stationné à un point de contrôle de l’armée dans la zone de Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza palestinienne, ont indiqué les responsables.

Un soldat, présent à un autre point de contrôle de l’armée dans le même secteur, a également été blessé dans une attaque similaire, d’après les même sources.

Dimanche, quatorze personnes ont été tuées dimanche dans la péninsule du Sinaï dans deux attaques contre l’armée et la police revendiquées par la branche locale du groupe Etat islamique, responsable de nombreux attentats contre les forces de sécurité dans cette région de l’est de l’Egypte.

Selon des responsables de la sécurité, un officier et cinq autres militaires ont péri dans l’explosion dans la matinée d’une bombe placée en bord de route, au passage de leur véhicule blindé près de la localité de Cheikh Zouwaid, dans le Nord-Sinaï.

Le Nord-Sinaï est un fief du groupe Ansar Beït al-Maqdess (les Partisans de Jérusalem en arabe), considéré comme la branche égyptienne de l’EI depuis qu’il a fait allégeance à l’organisation djihadiste et s’est rebaptisé « Province du Sinaï ».

Sur un compte qui lui est attribué sur Twitter, « Province du Sinaï » a revendiqué l’attaque « contre un véhicule des soldats mécréants ».

Sur sa page Facebook, l’armée a confirmé l’attentat et la mort de six soldats: « leur véhicule a été visé par un engin explosif posé par les terroristes extrémistes, qui a tué un officier, un sergent et quatre soldats et blessé deux autres soldats ».

Quelques heures plus tard, toujours au Nord-Sinaï, huit personnes dont plusieurs policiers ont été tuées et 44 blessées dans un attentat suicide au camion piégé, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.

Le ministère de l’Intérieur a indiqué que les forces de sécurité avaient ouvert le feu sur le véhicule qui fonçait sur le poste de police à El-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï. « Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur le véhicule, qui a explosé ».

Selon un officier de police, le camion était chargé d’explosifs, recouverts de paille. La façade du poste de police, ainsi que des immeubles alentours, ont été endommagés par la déflagration.

« Un repaire de la police mécréante a été visé à El-Arich par une voiture piégée conduite par un martyr », a affirmé Ansar Beït al-Maqdess en revendiquant l’attaque.

Vaste campagne militaire

Dans un incident séparé, un capitaine de l’armée et deux soldats ont été blessés dans une attaque à un point de contrôle proche de la ville de Rafah, frontalière de la bande de Gaza. Ansar Beït al-Maqdess a affirmé qu’un sniper du groupe avait mené l’attaque.

Ces attaques surviennent au lendemain de la confirmation par un tribunal égyptien des peines de morts prononcées à l’encontre du numéro un des Frères musulmans, Mohamed Badie, et de 13 autres personnes accusées de violences.

Ansar Beït al-Maqdess a revendiqué de nombreuses attaques contre les forces de l’ordre dans le Nord-Sinaï, frontalier d’Israël et du territoire palestinien de la bande de Gaza. Le 2 avril, une attaque a coûté la vie à 15 soldats et deux civils.

Outre sa volonté d’étendre au Sinaï le « califat » de l’EI, ces djihadistes assurent agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans du président islamiste élu Mohamed Morsi depuis sa destitution par l’armée le 3 juillet 2013.

Une vaste campagne militaire a été lancée contre les groupes extrémistes dans le Sinaï il y a près de deux ans, mais elle n’a pas réussi à mettre fin aux attentats. Selon les autorités, plus de 500 policiers et soldats ont été tués dans ces attaques, essentiellement dans le Nord-Sinaï, depuis 2013.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a publié dimanche un décret prévoyant une peine de prison à vie pour les personnes reconnues coupables d’avoir creusé ou utilisé des tunnels aux frontières du pays, en particulier vers la bande de Gaza.

L’Égypte soupçonne des activistes palestiniens de prêter main forte aux groupes armés égyptiens.

Outre le Sinaï, l’Egypte est menacée par l’EI à sa frontière ouest, avec la progression du groupe en Libye.

Fin mars, lors d’un sommet en Egypte, la Ligue arabe a annoncé la création prochaine d’une force conjointe pour combattre « les groupes terroristes » dans la région, comme le réclamait le président Sissi.