L’ambassadeur d’Israël en Suisse ainsi qu’un autre diplomate en poste en Inde ont été rappelés dans leur pays pour avoir retweeté des commentaires défavorables au Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont indiqué les Affaires étrangères jeudi.

Yigal Caspi, l’ambassadeur d’Israël à Berne, a retweeté sur son compte personnel des messages critiquant la décision controversée de Netanyahu d’accepter de prononcer un discours sur l’Iran et l’islam radical devant le Congrès américain.

D’autres messages retweetés attaquent le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman ou la politique du gouvernement.

Caspi ainsi qu’Assaf Moran, conseiller politique à l’ambassade à New Delhi, « ont été convoqués à un entretien au sujet de commentaires qui leur sont attribués sur leurs comptes Twitter », a dit le porte-parole des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon à l’AFP.

Moran est lui aussi en cause pour des retweets critiques sur le Premier ministre sur son compte personnel.

Critiquer ouvertement son gouvernement est une faute grave, a expliqué l’ancien directeur général du ministère Alon Liel.

« Je pense qu’il est de l’ordre de la norme internationale qu’un diplomate représentant son pays n’en contredit pas publiquement la politique étrangère », a-t-il dit à la radio publique.

De hauts diplomates ont démissionné au cours de l’année écoulée parce qu’ils estimaient ne pas pouvoir défendre la politique de leur gouvernement, a-t-il dit.

« A mon avis, ce qu’a fait l’ambassadeur en Suisse revient virtuellement à une démission, il connaissait exactement les conséquences » de ses actes, a-t-il dit.

La décision de Netanyahu de prononcer un discours devant le Congrès le 3 mars lui a attiré de vives critiques en Israël et aux Etats-Unis.

Elle a en effet été annoncée en plein bras de fer entre la majorité républicaine du Congrès et la Maison Blanche sur les activités nucléaires de la République islamique. Netanyahu parlera en outre deux semaines avant les législatives israéliennes.

Les critiques de ce discours y voient une ingérence inédite dans les affaires américaines, un coup supplémentaire à la relation fondamentale entre Israël et les Etats-Unis et une manœuvre électoraliste de Netanyahu.