Deux frères qui avaient plaidé coupable pour un incendie et des graffiti racistes sur les murs d’une école judéo-arabe à Jérusalem ont été condamnés mercredi respectivement à deux ans et deux ans et demi de prison.
 
Shlomo et Nachman Twitto, qui ont reconnu avoir mis le feu à l’école Max Rayne Yad Beyad en novembre avec Yitzhak Gabai, sont membres du groupe juif extrémiste Lehava, qui travaille pour empêcher les mariages entre Juifs et Arabes et des expressions de la coexistence, et organise régulièrement des manifestations anti-arabes à Jérusalem.

Nachman Twitto, âgé de 18 ans, qui a été reconnu coupable d’autres cas de sédition à la violence, a été condamné à une peine de prison de six mois supérieure à celle de son frère Shlomo, âgé de 20 ans.

Le tribunal de district de Jérusalem a également condamné Shlomo et Nachman Twitto à payer respectivement 10 000 et 15 000 shekels (2 400 et 3 600 euros) d’indemnités à l’école.

Gabai, qui contrairement aux frères Twitto a refusé d’accéder à un compromis avec les procureurs, n’a pas encore été reconnu coupable.

L'intérieur de l'école Max Rayne Yad Beyad de Jérusalem, une école judéo-arabe qui a été vandalisée le 28 novembre 2014 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90 / JTA)

L’intérieur de l’école Max Rayne Yad Beyad de Jérusalem, une école judéo-arabe qui a été vandalisée le 28 novembre 2014 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90 / JTA)

En sortant de la salle d’audience, les frères sont apparus optimistes, souriant et chantant des chansons louant Dieu. S’adressant aux médias, Nachman Twitto a dit : « Le prix [de mes actions] en valait la peine. »

Selon l’acte d’accusation, les hommes ont décidé de saccager l’école afin d’attirer l’attention des médias sur leur lutte contre les mariages mixtes et la coexistence. Dans la nuit du 28 novembre 2014, ils se sont introduits dans l’école à travers une fenêtre, avec des pots de peinture et des bouteilles pleines d’essence.

Avant de mettre le feu à plusieurs salles de classe, ils ont laissé des messages tels que « Il n’y a pas la coexistence avec le cancer »; « Mort aux Arabes »; et « Kahane avait raison », une référence au rabbin assassiné Meir Kahane, un mentor des mouvements juifs ultra-nationalistes.

Suite à la décision de la cour, l’école a exprimé sa déception de ce qu’elle a qualifié de « peine légère. »

« Nous respectons la décision de la cour, mais regrettons les peines légères qu’ont reçues les deux accusés, » a déclaré aux médias israéliens Nihad Arshid, le président du comité de direction de l’école.

Le président de Lehava Benzi Gopstein amené à la cour de Jérusalem, le 16 décembre 2014 (Crédit phhoto: Yonathan Sindel / Flash90)

Le président de Lehava Benzi Gopstein amené à la cour de Jérusalem, le 16 décembre 2014 (Crédit phhoto: Yonathan Sindel / Flash90)

« L’un d’eux a même dit que l’acte en valait la peine. Je souhaite sincèrement que cela ne sera pas le message que cette cour laisse aujourd’hui », a-t-il ajouté.

L’école a dit qu’elle ferait don des indemnités à des projets encourageant la coexistence judéo-arabe.

Cinq écoles Yad Beyad [main dans la main] éduquent plus de 1 000 élèves à travers le pays et visent à « créer une société forte, ouverte et partagée en Israël » à travers l’éducation bilingue en hébreu et en arabe, et des classes intégrées.

Les actions de Lehava, dirigée par l’activiste extrémiste Benzi Gopstein, ont été dénoncées par le président Reuven Rivlin qui les a comparées a des «rongeurs grignotant sous les fondations à la fois démocratiques et juives d’Israël. »

Au debut de cette année, a été evoquée l’eventualite que le ministre de la Défense Moshe Yaalon envisage de définir Lehava comme une organisation terroriste.