Des milliers de juifs ultra-orthodoxes ont de nouveau manifesté lundi à Jérusalem contre le service militaire obligatoire, provoquant des empoignades avec les policiers et paralysant le trafic dans une partie de la ville, a constaté un photographe de l’AFP.

Les manifestants ont bloqué l’un des principaux points d’entrée et de sortie de Jérusalem en direction de Tel-Aviv ainsi que l’une des artères principales de la ville empruntée par le tramway. Pour les disperser, les policiers ont recouru à un canon projetant un liquide pestilentiel.

La protestation a donné lieu à des échauffourées avec les policiers, mais aussi avec des passants exaspérés par les perturbations. Une dizaine de manifestants au moins ont été interpellés, a indiqué un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Les manifestants, décrits par la police comme appartenant à une frange radicale de la population religieuse, se mobilisent depuis des semaines contre l’obligation d’effectuer leur service militaire à l’instar de leurs compatriotes.

Jeudi déjà, des milliers d’entre eux étaient descendus dans la rue à Jérusalem et dans d’autres villes, causant les mêmes troubles.

La police avait fait état de 120 interpellations.

Les ultra-orthodoxes observent strictement les règles du judaïsme dans tous les aspects de la vie quotidienne et spirituelle. Ils considèrent la conscription comme une source de tentations pour les jeunes, sortis du monde fermé de la prière et de l’étude religieuse à laquelle, pour la plupart, ils se consacrent exclusivement.

Une décision début septembre de la Cour suprême statuant que les ultra-orthodoxes devaient accomplir leur service militaire comme les autres, et l’arrestation de plusieurs d’entre eux qui ne s’étaient pas présentés au centre de conscription, ont suscité la colère dans cette communauté influente qui constitue 10 % de la population et est représentée au gouvernement.

Le service militaire en Israël, obligatoire sauf exception à partir de l’âge de 18 ans, est de deux ans et huit mois pour les hommes et de deux ans pour les femmes.

La question de la conscription cristallise depuis des années les dissensions entre laïcs et religieux.