Un éminent législateur israélien a expliqué à une délégation de responsables de l’Union européenne en visite, mardi, que l’Etat juif et l’Europe sont dans le même bateau dans le domaine de la lutte contre le terrorisme islamiste radical.

« Je veux nous assurer que nous comprenons tous bien les choses”, a estimé Avi Dichter, président de la Commission chargée des Affaires étrangères et de la Défense, alors qu’il s’adressait aux délégués de l’UE. « Le proverbe que nous connaissons tous –‘l’ennemi de mon ennemi est mon ami’ – s’applique en anglais, s’applique, je le crois, en français, il s’applique en hébreu mais il ne s’applique pas en arabe. »

“En arabe, on dit… Moi et mon frère contre mon cousin, et moi et mon cousin contre les étrangers”, a-t-il poursuivi. “Israël et le monde occidental feraient bien de retenir”, a-t-il ajouté, “qu’entre ces ennemis eux-mêmes, nous serons toujours définis en tant qu’étrangers ».

Cette délégation de l’UE incluait neuf membres de la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen, ainsi que l’ambassadeur de l’Union européenne en Israël Lars Faaborg-Andersen. Ils se sont rendus à la Knesset pour assister à une réunion spéciale et conjointe avec la Commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Elmar Brok, président de la Commission des Affaires étrangères de l’UE, a indiqué qu’Israël et l’Europe pouvaient tous deux profiter de la coopération et du débat dans le domaine de l’anti-terrorisme, et que l’Europe pourrait tirer des leçons de l’expérience israélienne en la matière.

Elmar Brok, président de la Commission des Affaires étrangères au Parlement européen, à la Knesset le 3 janvier 2017 (Capture d'écran YouTube screenshot/Arutz Sheva)

Elmar Brok, président de la Commission des Affaires étrangères au Parlement européen, à la Knesset le 3 janvier 2017 (Capture d’écran YouTube screenshot/Arutz Sheva)

Le visage du terrorisme a changé, a déclaré Broke. La menace est devenue globale et ne se caractérise dorénavant plus par des groupes localisés géographiquement ou spécifiques à un pays.

Les attentats en Turquie, en Egypte, à Paris et à Berlin ont émané, sous de nombreux aspects, “de la même origine”, a-t-il noté. “Nous pouvons constater que personne ne peut y échapper”.

Et même si la stratégie globale du terrorisme a entraîné une coopération internationale pour affronter la menace, a-t-il remarqué, le monde cherche encore à s’adapter à cette réalité nouvelle.

“Certains membres de l’UE parmi les pays [européens] pensent qu’ils peuvent encore résoudre cette question au niveau national – mais c’est une plaisanterie. On ne peut plus le faire au niveau national”, a-t-il dit.