Alors qu’une délégation de l’OLP incluant des membres du Hamas et du Djihad islamique se préparent à partir pour Le Caire afin de discuter d’un cessez-le-feu avec Israël, le cabinet israélien n’a toujours pas décidé s’il voulait renverser le Hamas ou le laisser au pouvoir, affaibli, dans la bande de Gaza, a appris le Times of Israel.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est peu enclin à en finir avec le Hamas, mais des ministres clés de son cabinet tels que le ministre de l’Economie Naftali Bennett, le pressent de redéfinir les buts de Bordure protectrice – de la destruction des tunnels à celle du Hamas.

Le responsable de l’OLP Yasser Abed Rabbo a annoncé mardi après-midi que toutes les factions palestiniennes s’étaient mises d’accord sur un cessez-le-feu humanitaire de 24 heures et « considéraient positivement » une proposition de l’ONU pour l’étendre à 72 heures. Or le porte-parole du Hamas Sami Abu Zuhri a nié qu’un tel accord avait été atteint.

Israël a détruit la majorité des tunnels terroristes du Hamas depuis Gaza et environ deux tiers de son arsenal de roquettes, entravant de manière significative les capacités de lancer de missiles du mouvement. Pourtant le cabinet n’a toujours pas décidé entre l’extension de l’opération terrestre et le renversement du Hamas ou la recherche de nouveaux accords sur un statut quo avec l’organisation islamique, qui avait scrupuleusement adhéré à un accord de cessez-le-feu avec Israël en novembre 2012.

A travers l’opération Bordure protectrice, l’armée israélienne pense avoir transmis deux messages importants aux acteurs non-étatiques combattant Israël. Le premier est que grâce à la technologie de défense contre les missiles d’Israël – une partie est toujours en développement – les tirs de roquettes se sont révélés inefficaces en tant qu’arme de guerre contre Israël ; peu sur plus de 2 600 projectiles tirés sur Israël ont atterri dans des zones urbaines.

Le deuxième message est autant adressé au Hezbollah libanais qu’au Hamas : la doctrine des organisations combattant Israël depuis des zones résidentielles en toute impunité a été réfutée. Après de longues délibérations légales, l’armée israélienne a décidé que les structures civiles depuis lesquelles des activités militaires sont entreprises, deviennent des cibles légitimes pour une attaque.

Toutes les opérations militaires de Bordure protectrice ont été mises en œuvre avec l’accompagnement juridique strict des spécialistes de droit international de l’armée. Ainsi, aucune maison de Gaza n’a été bombardée sans notification préalable, sous au moins deux formes : à travers des prospectus, appels téléphoniques personnels et enfin des coups de feu d’avertissement. Les bâtiments résidentiels abandonnés par leurs habitants puis réoccupés par eux ont été épargnés.

Les délégués palestiniens sont attendus dans une Egypte qui a beaucoup changé depuis les accords obtenus sous sa médiation en 2012. Avec le président Mohammed Morsi, des Frères musulmans, parti, Israël profite actuellement d’un épanouissement sans précédent dans les relations avec l’Egypte, au niveau militaire comme diplomatique.

La destruction systématique par l’Egypte de plus de 1 600 tunnels de contrebande depuis Gaza jusqu’au Sinaï, qui se poursuit aujourd’hui, a détérioré de manière significative les conditions financières du Hamas.

Alors que les négociations sont en cours au Caire, Israël va devoir vite décider si elle veut affaiblir progressivement le Hamas en renforçant le président de l’AP Abbas à Gaza (et en Cisjordanie) ou si elle veut en finir avec le Hamas par la force militaire. Cette dernière option se révélera surement coûteuse en vies humaines et en ressources financières pour Israël, et pourrait conduire au contrôle total par l’armée de la bande de Gaza pour une période indéterminée.