La semaine de travail du lundi au vendredi arrive en Israël – du moins sur le marché boursier.

Dans les prochains jours, la direction de la Bourse de Tel Aviv présentera un plan à ses membres, pour fermer les bureaux le dimanche, et instaurer le vendredi comme jour de travail normal.

Le TASE (Tel Aviv Stock Exchange) ouvrirait comme d’habitude à 9h30, et fermerait à 14h00 le vendredi après-midi, en prenant en compte le début du Shabbat avant le coucher du soleil.

Les directeurs du TASE soutiennent le plan qui, selon des rapports des médias officiels de la Bourse, bénéficierait d’un important soutien parmi les employés.

De nombreux courtiers, affirment les responsables, voient le trading du dimanche comme une perte de temps. Leur volume est faible, les entreprises d’investissement du reste du monde occidental étant en congé.

Les courtiers consacrent souvent le dimanche à la paperasserie ou à d’autres tâches administratives, faute de commandes à exécuter.

Avec vendredi comme jour d’échange, le TASE fonctionnerait selon le même calendrier que les banques, les sociétés d’investissement et les investisseurs du monde entier.

Au cours des dernières décennies, Israël a progressivement évolué d’une semaine de travail de six jours – du dimanche au vendredi, avec samedi férié pour Shabbat – à cinq jours.

Mais au lieu de fermer le dimanche, la plupart ont choisi de chômer le vendredi, qui est de toute façon un jour de travail court, surtout en hiver, lorsque le Shabbat commence tôt.

Le passage du lundi au vendredi est considéré par les experts comme un moyen de faire revivre le TASE.

Son volume d’opérations a considérablement diminué au cours des dernières années.

Depuis le début de l’année 2010, il y a eu une baisse d’environ 44 % du volume des transactions dans la Bourse des valeurs nationales.

Diverses raisons ont été données à cette baisse – parmi elles, des investisseurs étrangers effrayés par les questions politiques, le reclassement d’Israël dans les indices boursiers internationaux comme un marché développé excluant les investisseurs qui souhaitent investir seulement dans les marchés émergents, ou la rétraction de l’activité mondiale des investisseurs internationaux.

Depuis des années, les membres du TASE tentent d’attirer plus d’investisseurs.

Depuis des décennies, les Israéliens débattent des aspects positifs et négatifs de la permutation du vendredi avec le dimanche comme jour de congé de travail et d’école, mais jusqu’à présent, aucune institution ou industrie majeure n’a sauté le pas.

Si le plan du TASE est approuvé, des milliers de gens changeraient leurs horaires de travail – pas seulement ses employés. Les courtiers, secrétaires, banquiers, même les employés des cafétérias et des cantines de grandes maisons d’investissement devraient suivre.

Le TASE pourrait-il être le précurseur d’un changement général ? Si c’est le cas, de nombreux Israéliens – des olim occidentaux aux hauts responsables gouvernementaux – seraient heureux.

Le ministre de l’Economie Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman sont de fervents partisans du congé le dimanche (qui figure dans les agendas de leurs deux partis), et la ministre de la Justice Tzipi Livni et le ministre de l’Infrastructure, Silvan Shalom, ont émis un projet de loi en ce sens en 2013.

Les raisons évoquées pour un dimanche chômé sont nombreuses : encourager l’alyah occidentale, donner un coup de pouce au marché des loisirs, améliorer l’observance du shabbat. La théorie : les Israéliens moins religieux mais traditionalistes auraient leur jour « de plaisir » le dimanche au lieu du samedi, ce qui pourrait renforcer la présence dans les synagogues et le respect du Shabbat en général.

Mais l’initiative ne fait pas l’unanimité.

Les membres ultra-orthodoxes de la Knesset estiment que la journée de travail vendredi nuirait au respect du shabbat, en particulier dans les mois d’hiver, si la journée travaillée du vendredi grignotait progressivement le début du Shabbat.

Et le ministère des Finances s’oppose à l’idée, affirmant qu’une courte journée de travail le vendredi remplaçant la longue journée de travail de dimanche réduirait la semaine de travail – ce qui provoquerait une perte de la productivité.

Mais pour les employés du marché boursier, tout est une question d’argent.

Dans un rapport de 2013 sur les raisons de la perte de clients du TASE, les responsables ont écrit que « le manque de coordination des activités du TASE avec celles des importants marchés boursiers résulte des lacunes côté israélien, les traders peinant à réagir de manière appropriée aux fluctuations des marchés mondiaux ».

Un vendredi travaillé, s’il ne représente pas de solution globale aux problèmes de la Bourse, est au moins un début, espèrent les responsables.