Discours de Benjamin Netanyahu à Paris
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Discours de Benjamin Netanyahu à Paris

Tout en soulignant les désaccords, le Premier ministre israélien a salué le rôle "indispensable" de la France dans la lutte contre l'Iran

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prononcé, le dimanche 10 décembre, le discours suivant lors d’une conférence de presse conjointe aux côtés du président français, Emmanuel Macron :

« Merci, monsieur le président, mon ami Emmanuel.

Vous êtes en effet un ami. Je salue les condamnations que vous venez tout juste d’exprimer contre les attentats terroristes qui ciblent Israël et les Israéliens. Ils sont toujours inexcusables.

Nous sommes partenaires dans la quête de la paix, de la sécurité, de la prospérité et de la culture. Nous partageons tellement, tant d’objectifs, tant de valeurs et en effet, je pense que dans tout le Moyen-Orient, il n’y a pas de pays qui se dresse autant pour défendre les valeurs chéries par la France, pour incarner la France – votre identité fondamentale – et qui lutte en faveur de ces valeurs que l’Etat d’Israël.

Nous coopérons dans de nombreux secteurs, dont la sécurité. Comme vous le savez bien, cette coopération a sauvé de nombreuses vies. Israël a fourni de précieux renseignements à un grand nombre de pays en Europe et à un grand nombre de pays hors de l’Europe qui ont permis d’empêcher des douzaines d’horribles attentats terroristes, dont, pour certains, vous avez malheureusement souffert. Nous luttons ensemble dans le combat contre la barbarie, il faut saluer vos efforts au Liban et il faut saluer vos efforts visant à empêcher la propagation de l’agression iranienne.

Emmanuel Macron a rencontré le Premier ministre libanais Saad Hariri au Palais du gouvernement à Beyrouth le 24 janvier 2017. Crédit (AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Cela signifie-t-il qu’Emmanuel Macron et moi-même nous accordons sur tout ? Pas encore, nous y travaillons. C’est une question de temps.

Mais c’est un plaisir de vous revoir à Paris. Paris est la capitale de la France. Jérusalem est la capitale d’Israël depuis 3 000 ans. C’est la capitale de l’Etat juif depuis 70 ans. Nous respectons votre histoire et vos choix et nous savons qu’en tant qu’amis, vous respectez les nôtres. Je pense que c’est également essentiel à la paix. Je pense que, ce dont a besoin la paix, c’est d’être construite sur des fondations de vérité, sur les faits du passé et ceux du présent. C’est le seul moyen de pouvoir construire un avenir pluraliste et prospère.

Il y a un effort livré continuellement dans les forums de l’ONU, de l’UNESCO et d’ailleurs pour nier la connexion millénaire du peuple juif avec Jérusalem. C’est absurde. On peut la lire dans un très bon livre qui s’appelle la Bible. On peut la lire après la Bible. On peut l’entendre dans l’histoire des communautés juives de toute notre diaspora, ‘l’année prochaine à Jérusalem, l’année prochaine à Jérusalem’.

Où se trouve donc la capitale d’Israël à part à Jérusalem ? Où est notre Knesset, notre Parlement ? Où est notre Cour suprême, le siège de notre gouvernement, le bureau du Premier ministre, le bureau du président ?

Ils ne sont pas à Beer Sheva, ils ne sont pas à Ashdod. Ce sont des villes merveilleuses mais ils se trouvent tous à Jérusalem. Cela a toujours été notre capitale. Et Jérusalem n’a jamais été la capitale d’un autre peuple. Je pense que plus vite les Palestiniens accepteront cette réalité, plus vite nous pourrons avancer vers la paix.

C’est pour cela que je pense que l’annonce de Trump a eu une telle portée historique, qu’elle a été tellement importante pour la paix. Dans la quête pour la paix, il y a actuellement une initiative sérieuse qui en cours de la part des Etats-Unis. Et tout ce que je puis dire, comme je l’ai dit au président Macron, je crois que, si vous me pardonnez l’expression, nous devons donner une chance à la paix en rendant aux choses leur vérité historique, en ouvrant la possibilité de négociations renouvelées avec des initiatives renouvelées.

Maintenant, la paix n’exige pas seulement de reconnaître la réalité, mais nous combattons également les agressions. Le président Macron et moi-même nous accordons sur la nécessité de mettre fin à la principale source d’agression au Moyen-Orient, qui est l’Iran.

L’Iran est partout.

Elle est en Irak, elle est en Syrie, elle est déjà au Liban, où le président tente bien de changer la situation, en prenant une initiative réelle que nous apprécions et soutenons. Elle est à Gaza, elle est au Yémen. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour arrêter l’Iran.

Netanyahu salue la position de Macron sur l’Iran

Ce que l’Iran tente de faire concernant Israël, dont il appelle ouvertement à l’annihilation, ce sont deux nouvelles choses. La première, c’est de s’enraciner militairement à l’aide de forces terrestres, aériennes et navales en Syrie, avec le dessein affirmé de combattre et de détruire Israël. Nous ne tolérerons pas cela. Nous appuyons nos propos par des passages à l’acte. La deuxième chose que l’Iran tente de faire, c’est de positionner au coeur du Liban des missiles qui changeraient la donne, des missiles téléguidés de précision, à fabriquer et à ajouter au plus de 100 000 missiles et roquettes, et ajouter des munitions téléguidées de précision, des milliers d’entre elles, qui pourraient représenter un grand danger pour Israël, ses villes et sa population. Nous ne le tolérerons pas non plus.

Nous attendons de la part des leaders responsables – et des leaders importants tels que vous-même, président Macron – que vous nous aidiez à repousser cette agression, que vous nous aidiez à donner une chance à la paix. Pas seulement avec nos voisins palestiniens, mais dans la région entière. Dans la région entière, il y a eu un changement, parce que de nombreux pays arabes reconnaissent dorénavant qu’Israël n’est pas leur ennemi mais un allié indispensable dans la lutte contre les sources jumelles de l’islam militant et de son terrorisme : Le sunnite, avec à sa tête Daesh, et les chiites militants dirigés par l’Iran. Il y a en cela une bénédiction parce que cela pourrait ouvrir la voie à une paix ultime entre nous et nos voisins palestiniens et entre nous et le reste du monde arabe.

Je n’abandonne pas non plus la population iranienne. Je lui parle périodiquement. Et je sais qu’elle souhaite elle aussi voir un changement. Mais il viendra plus tard dans l’avenir. Aujourd’hui, notre mission est d’empêcher l’agression et d’accorder à paix la chance qu’elle mérite. Et en cela, Président Macron, Emmanuel, vous êtes un partenaire indispensable.

Je vous remercie encore une fois pour votre hospitalité, votre amitié et pour vos efforts ».

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