“Nous sommes au cœur d’une révolution sur la position d’Israël dans le monde », a déclaré Benjamin Netanyahu mardi au début de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies.

« Tant de pays ont fini par comprendre ce qu’Israël peut faire pour eux, ils comprennent désormais ce que Warren Buffet et Google savent depuis des années. Israël est LA nation de l’innovation », a-t-il dit, saluant la technologie israélienne dans une multitude de secteurs.

« Ces dernières années, Israël a fourni du renseignement qui a empêché des dizaines d’attentats terroristes de par le monde. Nous avons sauvé plus de vies que vous ne le saurez jamais, mais vos gouvernements le savent. Ils travaillent étroitement avec Israël pour garantir la sécurité de vos pays. »

Netanyahu a affirmé que la réputation d’Israël dans le monde s’améliore. « Israël adhère au monde, et le monde adhère à Israël », a-t-il dit.

« J’ai parlé de cette évolution l’an dernier. Regardez ce qui s’est passé depuis. Des centaines de Premiers ministres et de ministres des Affaires étrangères se sont rendus en Israël, certains pour la première fois », a-t-il déclaré, citant Trump et Modi en exemple.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une voiture avec son homologue indien Narendra Modi après l'arrivé de ce dernier à l'aéroport international de Ben Gurion à Tel Aviv le 4 juillet 2017 (Crédit : Haim Zach / GPO / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une voiture avec son homologue indien Narendra Modi après l’arrivé de ce dernier à l’aéroport international de Ben Gurion à Tel Aviv le 4 juillet 2017 (Crédit : Haim Zach / GPO / Flash90)

Netanyahu a souligné qu’il s’est rendu dans 5 continents cette année.
« Je ne me suis pas encore rendu en Antarctique. Je veux y aller, parce que j’ai entendu dire que les pingouins sont des fervents défenseurs d’Israël », a-t-il plaisanté.

Mais malgré l’amélioration de la position d’Israël dans le monde, les Nations unies persistent à condamner l’État hébreu.

Soulignant que l’OMS a adopté une résolution parrainée par l’Iran, fustigeant Israël, Netanyahu a déclaré : « Comme le grand John McEnroe le dirait, ‘vous ne pouvez être pas sérieux !?’ »

« N’y a-t-il aucune limite à l’absurdité de l’ONU ? », interroge-t-il.

Netanyahu a poursuivi en indiquant que la décision de l’UNESCO, de classer le Tombeau des Patriarches comme un site palestinien est pire que de la désinformation. C’est de la distorsion de l’Histoire. »

« Il y a des signes qui suggèrent une évolution positive, même aux Nations unies », a-t-il dit au sujet du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres qui avait déclaré plus tôt que nier le droit d’Israël à exister est de l’antisémitisme. « Mais depuis des années, l’épicentre de l’antisémitisme est ici, aux Nations unies. »

Netanyahu a indiqué qu’en dépit des actions anti-Israël à l’ONU, « il y a un changement dans la position de certains de nos amis, grâce au soutien infaillible du président Trump. »

« J’ai été ambassadeur à l’ONU, je suis Premier ministre depuis longtemps, et j’ai entendu de nombreux discours », a-t-il dit. Mais « personne n’a été aussi franc, aussi courageux, et aussi direct que ne l’a été le président Trump aujourd’hui ».

Disant qu’il souscrit au jugement de Trump qui a dit que l’accord sur le nucléaire iranien est une « honte », Netanyahu affirme que cette convention, non seulement ne bloque pas la route vers l’arme nucléaire, « mais la pave en définitive ».

Netanyahu a indiqué que la « clause de révision », qui supprime les restrictions à l’encontre de l’Iran dans 10 ou 15 ans, lui permettra de produire l’arme nucléaire immédiatement après.

« C’est pour cela que j’ai dit il y a deux ans que le grand danger est que l’Iran ne sera pas en mesure de construire une seule bombe en rompant l’accord. Mais que l’Iran sera bien capable de construire de nombreuses bombes nucléaires en le maintenant ! », a-t-il dit. « Imaginez le danger de centaines d’armes nucléaires entre les mains d’un vaste empire islamiste avec des missiles qu’ils pourront envoyer partout dans le monde ».

« De la mer Caspienne à la Méditerranée, de Téhéran à Tartous (ouest de la Syrie, ndlr), un rideau iranien descend sur le Moyen-Orient », a déclaré le Premier ministre israélien.

« Ceux qui nous menacent d’être anéantis se mettent eux-même dans un péril mortel. Israël se défendra avec toute la force de nos armes et toute la puissance de nos convictions », a-t-il ajouté.

« Nous agirons pour empêcher l’Iran d’établir des bases militaires permanentes en Syrie, pour ses forces aériennes, navales et terrestres », a aussi assuré le Premier ministre israélien.

L’Iran soutient le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah qui intervient depuis plusieurs années en Syrie en soutien du gouvernement syrien, ainsi que le Hamas qui contrôle sans partage la bande de Gaza dans les Territoires palestiniens.

La République islamique d’Iran est également accusée de déstabiliser le Liban et le Yémen.

Selon M. Netanyahu, cet accord ne vise pas à contenir les ambitions nucléaires et balistiques iraniennes mais au contraire permet à l’Iran de développer ses programmes en s’abritant derrière l’accord. Benjamin Netanyahu a félicité Donald Trump pour son discours anti-iranien prononcé quelques heures auparavant à la tribune de l’ONU. Le président américain a affirmé mardi que « l’accord avec l’Iran était l’une des transactions les pires et les plus biaisées dans lesquelles les Etats-Unis soient jamais entrés ».

Se référant à la Corée du Nord, Netanyahu a déclaré que la convention devait être modifiée ou stoppée.

« Mettre son veto à l’accord signifie davantage de restrictions. Le modifier signifie beaucoup de choses, pénaliser l’Iran pour chaque violation, mais, c’est le plus important, modifier cet accord signifie se débarrasser de la clause de révision ».

« De nombreux partisans de cet accord ont naïvement pensé qu’il tempèrerait l’Iran, d’une certaine manière, que cela en ferait un membre responsable de la communauté internationale. Je n’étais pas d’accord », a déclaré Netanyahu.

« J’ai soutenu que quand les restrictions ont été levées, l’Iran se comporterait comme un tigre affamé, relâché, qui dévore les nations les unes après les autres. C’est précisément ce que fait l’Iran aujourd’hui. »

Netanyahu a indiqué avoir un « message simple » à l’attention de l’Ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien : « La lumière d’Israël ne s’éteindra jamais », a-t-il clamé en hébreu.

Puis il a indiqué avoir un message pour le peuple iranien. « Vous êtes nos amis », a-t-il déclaré en perse.

“Israël est déterminé à faire la paix avec tous nos voisins, y compris les Palestiniens », a déclaré Netanyahu, en évoquant sa rencontre avec le président égyptien Sissi dans la matinée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, à droite, à New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, à droite, à New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

« Demain soir, les Juifs du monde entier fêteront Rosh HaShana », a conclu Netanyahu. « C’est un temps dédié à l’introspection, et nous nous penchons sur le renouveau remarquable de notre nation. »

« Bonne année, Shana Tova d’Israël. Merci », a-t-il conclu avant de quitter la tribune.

Le président américain était venu saluer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara avant que le chef d’État israélien en prenne la parole à la tribune des Nations unies, pour la 72e Assemblée générale.

Donald Trump accueille Benjamin Netanyahu avant son discours pour la 72ème Assemblée générale de l'ONU à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : GPO)

Donald Trump accueille Benjamin Netanyahu avant son discours pour la 72ème Assemblée générale de l’ONU à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : GPO)

Netanyahu était le dernier intervenant à prendre la parole à cette session.

Dans une vidéo filmée depuis la salle plénière, Netanyahu avait promis qu’aucun Iranien ne resterait indifférent à son discours.

« Aujourd’hui, je vais dire des choses, qui je pense, seront gravées dans la mémoire du dirigeant et du peuple iranien », avait-il dit en hébreu.

« Je pense qu’ils se rappelleront également ce que le président Trump a dit ici. »

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman, et l’envoyé spécial de Trump au Moyen Orient étaient dans la salle plénière pour écouter ce discours.

L’AFP a contribué à cet article.