Le coordinateur des activités du gouvernement dans les territoires d’Israël (COGAT) a démenti des informations sur la négociation ou un dialogue entre Israël et la Turquie sur la construction d’un port maritime dans la bande de Gaza.

De plus, le général Yoav Mordechai aurait déclaré à des médias saoudiens que si les circonstances dans le futur étaient adaptées pour discuter des accords sur ce sujet, Israël ne négocierait qu’avec l’Autorité palestinienne ou les dirigeants du Hamas à Gaza.

Les remarques de Mordechai, rapportées vendredi par Ynet, contredisant de récentes déclarations d’officiels du Hamas, qui avaient affirmé que le sujet d’un port maritime était au programme des négociations qui ont lieu en ce moment entre Israël et la Turquie, et qu’un accord était proche.

Un officiel du Hamas a déclaré jeudi que le groupe terroriste espérait que l’accord émergent pour la restauration des liens entre Jérusalem et Ankara entraînerait la construction d’un port pour la bande de Gaza appauvrie.

Le coordinateur de Tsahal des activités gouvernementales dans les Territoires, le général Yoav Mordechai, en juillet 2013 (Capture d'écran: YouTube / IDFSpox1)

Le coordinateur de Tsahal des activités gouvernementales dans les Territoires, le général Yoav Mordechai, en juillet 2013 (Capture d’écran: YouTube / IDFSpox1)

La Turquie avait déclaré qu’elle ne normaliserait pas ses relations avec Israël, rompues en 2010, si le blocus de Gaza n’était pas levé ou au moins adouci.

Le Hamas espère qu’un port maritime puisse être construit si Israël ne lève pas ses restrictions. Israël maintient le blocus pour empêcher le Hamas, qui cherche à le détruire, d’importer des armes. L’Egypte bloque également sa frontière avec Gaza.

Si le blocus n’est pas levé, « Gaza va exploser » a déclaré un officiel, Mushir al-Masri.

Le 19 février, Ismail Haniyeh, le dirigeant du Hamas à Gaza, a déclaré dans un sermon pendant la prière musulmane dans le camp de réfugiés de Shati où il vit qu’il y a eu « beaucoup de progrès sur le sujet du port de Gaza » dans les récentes discussions entre Israël et la Turquie. Il n’avait pas donné plus de précisions.

Le quotidien hébraïque Haaretz avait annoncé mercredi que certains haut-gradés de l’armée israélienne soutenaient l’idée d’adoucir la pression sur le Hamas, alors que la situation économique qui s’empire et pourrait mener à un nouveau conflit, en donnant accès à Gaza à une sorte de port maritime.

Il a cité un certains nombres de possibles arrangements – y compris une île artificielle off-shore pour un port – qui étaient discutés à de haut niveau politique et militaire, en partie à cause de la situation économique empirant à Gaza et les inquiétudes israéliennes qui en découlent sur un nouveau conflit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshe Yaalon se sont cependant catégoriquement opposés à une telle idée, avait annoncé l’article du quotidien.

Le député Likud Avi Dichter, le 25 octobre 2012 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Likud Avi Dichter, le 25 octobre 2012 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Pourtant, construire un port maritime dans la bande de Gaza constitue une menace plus importante à Israël que le réseau de tunnels que l’armée israélienne cherchait à détruire pendant la guerre de 2014 contre le groupe terroriste du Hamas, a averti samedi le député Likud Avi Dichter.

« Les tunnels pourraient même être préférables, puisque la marchandise passant [dans les tunnels] peut être suivie plus minutieusement que l’on peut vérifier les biens arrivant dans un port maritime, » a déclaré Dichter, ancien dirigeant des services de sécurité du Shin Bet, lors d’un évènement culturel à Yahud.

Alors que la communauté internationale se battait pour mettre en place un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël à l’été 2014, le groupe avait demandé la construction d’un port maritime comme condition pour mettre fin aux combats. Israël avait évité de s’engager à la construction d’un tel port, et a maintenu un blocus sur Gaza conçu pour empêcher le Hamas, qui cherche à détruire Israël, d’importer des armes.

Des hommes armés du Hamas habillés comme des soldats israéliens ciblent les forces israéliennes après avoir émergé d'un tunnel près du kibboutz Nir Am, le 21 juillet 2014. (Crédit : capture d'écran armée israélienne)

Des hommes armés du Hamas habillés comme des soldats israéliens ciblent les forces israéliennes après avoir émergé d’un tunnel près du kibboutz Nir Am, le 21 juillet 2014. (Crédit : capture d’écran armée israélienne)

Pendant la guerre de 2014, des hommes armés du Hamas avaient émergé des tunnels à plusieurs occasions pour piéger les forces de l’armée israélienne, tuant plusieurs soldats. Deux mois après la fin de la guerre, un porte-parole de l’armée avait déclaré que le Hamas avait prévu d’utiliser les tunnels pour une attaque coordonnée massive en Israël. « Ils avaient prévu d’envoyer 200 terroristes armés jusqu’aux dents vers les populations civiles », avait déclaré Peter Lerner en octobre 2014.

« Cela devait être une attaque coordonnée. Le concept des opérations impliquait 14 tunnels d’attaque en Israël. Avec au moins 10 hommes dans chaque tunnel, ils se seraient infiltrés et auraient infligées des pertes massives. »

Pendant la guerre, l’armée israélienne a détruit plus de 30 tunnels.

Mercredi, alors que des informations selon lesquelles le Hamas avait reconstruit la majorité de son réseau de tunnels émergeaient, Netanyahu avait déclaré aux dirigeants des communautés israéliennes entourant la bande de Gaza que l’armée travaillait pour faire cesser la menace des tunnels d’attaques émergeants du territoire palestinien.