Les divergences persistent dans les discussions entre négociateurs israéliens et palestiniens sous médiation américaine, mais les rencontres doivent se poursuivre cette semaine, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Le président américain Barack Obama et son secrétaire d’Etat John Kerry devaient se concerter mardi sur l’avenir du processus de paix israélo-palestinien, à trois semaines de l’échéance des neuf mois de pourparlers le 29 avril.

« Il y a encore des divergences entre les positions israélienne et palestinienne et la partie américaine a fait de gros efforts pour surmonter ces difficultés », a indiqué à l’AFP une source palestinienne proche du dossier, après une nouvelle rencontre tripartite dans la nuit sous les auspices de l’émissaire américain Martin Indyk.

Ces rencontres reprendront après la réunion de la Ligue arabe sur le processus de paix mercredi, a-t-on ajouté de même source.

Un responsable américain a fait état sous le couvert de l’anonymat « d’efforts intensifs pour aplanir les désaccords ».

Les discussions portent notamment sur les conditions d’une prolongation des pourparlers au-delà de l’échéance du 29 avril.

« Israël fait même pression sur nous pour revenir sur notre décision d’adhérer à des conventions de l’ONU », a déclaré à la radio officielle Voix de la Palestine Wassel Abou Youssef, membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), jugeant cette option exclue.

Le président israélien Shimon Peres a appelé, dans une déclaration à la radio militaire israélienne à « faire tout ce qui est possible pour la poursuite des négociations », estimant qu’il était « trop tôt pour dire le kaddish » (la prière juive des morts, NDLR) pour le processus de paix.

Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a refusé de libérer le 29 mars comme prévu un quatrième et dernier contingent de prisonniers palestiniens, réclamant désormais une prolongation des négociations.

Mahmoud Abbas a réagi en signant le 1er avril les demandes d’adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux, estimant que les nouvelles exigences posées par Israël pour ces libérations le déliaient de son engagement de s’abstenir de toute démarche auprès de la communauté internationale.

Dans son bulletin hebdomadaire publié mardi, la commission des relations internationales du Fatah, le mouvement de M. Abbas, explique que celui-ci s’est « senti dupé par Netanyahu ».

« Les Américains, et M. Kerry en particulier, sont peut-être décontenancés par la juste décision du président Abbas, mais les demandes signées ne concernent pas l’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI) et à la Cour internationale de justice (CIJ), qui ont été laissées pour plus tard », souligne le Fatah.

D’après une d’enquête d’opinion sur le processus de paix, le « Peace Index », réalisée les 30 et 31 mars et diffusée mardi, 86,8 % des Israéliens jugent faibles ou très faibles les chances de parvenir sous médiation américaine à un accord-cadre traçant les grandes lignes d’un règlement du conflit dans les prochains mois.

Selon l’entente conclue en juillet sous l’égide du chef de la diplomatie américaine, Israël s’engageait à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant les accords d’Oslo de 1993.

En contrepartie, la direction palestinienne avait consenti à suspendre jusqu’à la fin des pourparlers toute démarche d’adhésion aux organisations internationales, y compris les instances judiciaires à compétence mondiale susceptibles de poursuivre Israël, comme la CPI et la CIJ.