Des centaines de manifestants, palestiniens et étrangers, ont réclamé vendredi la réouverture d’une des principales rues de Hébron, en Cisjordanie, fermée par l’armée israélienne depuis le massacre de 29 Palestiniens par un résident juif de Hebron, il y a 20 ans.

Des manifestants ont été blessés par des balles caoutchoutées et trois par inhalation de gaz lacrymogènes lors de heurts avec l’armée israélienne, qui a arrêté au moins trois d’entre eux, selon des sources médicales et des témoins.

Les protestataires ont défilé d’une mosquée de la ville à une position militaire israélienne sur la rue Al-Chouhada (rue des Martyrs), scandant « Halte à l’occupation » et « Ni occupation, ni colonies ».

Le vendredi 25 février 1994, Baruch Goldstein, médecin à Kyriat Arba, avait mitraillé au fusil automatique M-16 les musulmans dans le Caveau des Patriarches, lieu saint pour les juifs et les musulmans (qui l’appellent mosquée d’Ibrahim), avant d’être lynché par les survivants.

La tension est permanente à Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie, où quelque 700 juifs vivent sous haute protection militaire israélienne dans une enclave au milieu de plus de 190 000 Palestiniens.

Seize Palestiniens ont été blessés vendredi par l’armée israélienne dans deux séries de heurts près de la barrière de séparation dans la bande de Gaza, a indiqué un porte-parole du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.

Une porte-parole de l’armée israélienne a indiqué de son côté que des « centaines de Palestiniens » avaient jeté des pierres sur les soldats israéliens de l’autre côté de la barrière de séparation et tenté d’endommager celle-ci.

Les soldats ont tiré à balles réelles « sur les extrémités inférieures des principaux instigateurs », après avoir tenté en vain de disperser la foule avec des moyens anti-émeutes, a-t-elle ajouté.

Selon une porte-parole de l’armée israélienne, les soldats ont aperçu « un suspect armé » s’approcher de la barrière de sécurité. Après lui avoir intimé l’ordre de s’éloigner, et tiré en l’air, ils « ont tiré sur le suspect ».

Des sources de sécurité israéliennes ont indiqué que le suspect armé était probablement un officier du Hamas, sans pouvoir préciser si un enfant avait été touché par les tirs.

Les incidents sont fréquents dans la zone frontalière le vendredi, jour d’une manifestation hebdomadaire à l’appel d’un collectif soutenant les agriculteurs dont les terres se trouvent dans cette zone et dénonçant le blocus israélien de la bande de Gaza.

Aux termes de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas entré en vigueur fin novembre 2012, l’armée israélienne a autorisé les agriculteurs palestiniens à revenir cultiver leurs terres dans une « zone tampon » de plusieurs centaines de mètres de large qu’elle a imposée le long de la frontière, à l’intérieur de la bande de Gaza.

Après un an de calme relatif, la multiplication des tirs de roquettes de Gaza vers Israël, des raids israéliens et des incidents frontaliers ces dernières semaines font planer la possibilité d’une nouvelle confrontation majeure entre Israël et le mouvement terroriste Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.