« La haie vivante » le livre autobiographique de Dorit Rabinyan paru en 2014, qui avait suscité une grande polémique en Israël, a ensuite été publié en français sous le titre Sous la même étoile.

A l’occasion des « Lettres d’Israel », qui viennent de se dérouler à Paris, de nombreux écrivains israéliens étaient présents, dont Dorit Rabinyan, explique le magazine Causeur qui est parti à sa rencontre.

Le roman raconte l’histoire de Liat, une traductrice israélienne, et Hilmi, un artiste palestinien, qui tombent amoureux à New York, jusqu’à ce qu’ils doivent rentrer à Tel-Aviv et Ramallah.

Le ministère israélien de l’Éducation avait provoqué une levée de boucliers en excluant du programme de littérature des lycéens ce roman racontant une histoire d’amour entre un Palestinien et une Israélienne. Il est ensuite revenu sur cette décision, en permettant son étude « dans quelques classes ».

« Les alliés de Netanyahu ont fait de mon roman un outil de propagande alors que c’était juste un travail littéraire, explique-t-elle. Bien sûr, le conflit israélo-palestinien y est très présent, mais au-delà de ce contexte, l’image de cette haie contient une multitude de haies que toute histoire d’amour affronte, dont la peur. Pendant les six ans d’écriture, j’ai voulu évité tous les pièges qui auraient romantisé la guerre et l’occupation ».

Si elle réfute l’aspect purement autobiographique du roman, elle dévoile cependant les épisodes de sa vie qui ont nourri son récit : « J’ai aimé un Palestinien. Il est mort, noyé. Ce roman est une lettre d’amour, une sorte de reprise du dialogue avec lui. C’est une manière de lui faire du bouche-à-bouche. Pour le faire ressusciter par les mots, en hébreu. Cet hébreu que j aime et qui lui a tant pris ».

Si sa première volonté n’a pas été d’écrire un roman politique, elle se réjouit cependant que son roman a fait bouger les lignes en 2014. « La réaction du gouvernement de Netanyahu face à un simple roman » lui a « donné de l’espoir. »