Le grand rabbin séfarade de Petah Tikva refuserait d’autoriser des mariages de Juifs éthiopiens désireux de s’unir dans sa ville, au motif que leur judéité est mise en doute.

Le Rav Benjamin Atias a été accusé par des membres de la communauté éthiopienne de la ville, forte de 10 000 âmes, de systématiquement refuser de leur accorder la permission de se marier, selon un rapport de la radio de l’armée, qui cite le témoignage de plusieurs résidents éthiopiens affirmant qu’ils avaient été forcés de se marier ailleurs.

L’un d’eux, Dachilo Abaye, a signalié à la station de radio que les membres de sa communauté entraient sous le dais nuptial avec « de la haine pour le rabbinat » plutôt que « joie et bonheur », ajoutant que
« personne ne peut douter la judéité des Ethiopiens ».

Comme tous les Israéliens, les membres de la communauté peuvent désormais, grâce à une loi d’octobre 2013, choisir de s’inscrire et de se marier dans n’importe quelle juridiction rabbinique du pays, ce qui conduit de nombreux membres de la communauté éthiopienne de Petah Tikva à s’adresser à Tel Aviv. La loi israélienne n’autorise pas de mariages civils ou en dehors des établissements religieux formels. Les Juifs sont donc forcés de se marier via le Grand Rabbinat.

« La procédure législative et du Grand Rabbinat oblige que tout rabbin qui enregistre des mariages serve chaque citoyen juif israélien, sans discrimination, y compris les membres de la communauté éthiopienne. Si une violation de la loi ou de la procédure est mise au jour dans ce cas, la question fera l’objet d’une enquête approfondie et sera
traitée », fut la réponse du Grand Rabbinat.

Le chef religieux de la communauté juive éthiopienne d’Israël, Rabbi Yossef Adana, a soulevé la question devant le Grand Rabbinat il y a plusieurs mois, menant, selon le rabbinat, à un arrangement spécial selon lequel 14 rabbins de la communauté éthiopienne auraient une permission spéciale d’enregistrer et célébrer des mariages de cette communauté.

Le rabbin Atias de Petah Tikva, qui n’a pu être joint pour donner son commentaire, est membre du parti Shas, et son frère cadet, Ariel Atias, était député et ministre du parti. Ironiquement, ce fut feu l’ancien Grand Rabbin séfarade d’Israël, fondateur du Shas, Rav Ovadia Yossef, qui, au début des années 1970, a fourni une importante décision confirmant le statut juif des Juifs éthiopiens, qui à l’époque vivaient pour la plupart encore en Ethiopie.