Les autorités irakiennes cherchent du matériel radioactif « hautement dangereux » qui a disparu d’une installation pétrolière américaine, déclenchant des peurs que le groupe Etat islamique n’utilise la matériel pour une bombe sale, selon une information de mercredi.

Des documents du ministère de l’Environnement rapportés par l’agence de presse Reuters révèlent que le matériel, stockés dans une caisse de la taille d’un ordinateur portable, ont disparu en novembre quand il était en possession de l’industriel pétrolier Weatherford, dans la ville de Bassora, en Irak.

« Nous craignons que les éléments radioactifs ne tombent dans les mains de Daesh [acronyme arabe de l’Etat islamique], a déclaré un haut fonctionnaire de la sécurité à Reuters. Ils pourraient simplement l’attacher à un explosif pour faire une bombe sale. »

Les documents du ministère de l’Environnement décrivent « le vol d’une source radioactive hautement dangereuse d’Ir-192 avec une haute activité radioactive appartenant à SGS dans un dépôt appartenant à Weatherford dans la région de Rafidhia de la province de Bassora ».

Un fonctionnaire anonyme du ministère a déclaré à Reuters que l’engin contenait jusqu’à 10 grammes de « capsules » d’Ir-192, un isotope radioactif de l’iridium également utilisé pour traiter certains cancers.

Le matériel, dont on utilise des rayons gamma pour tester des failles du matériel utilisé pour les tuyaux de pétrole et de gaz dans un processus nommé radiographie gamma industrielle, est possédée par SGS Turquie, compagnie basée à Istanbul.

L’Agence internationale a l’énergie atomique classifie le matériel volé en catégorie 2, signifiant que s’il n’est pas utilisé correctement il peut entraîner des blessures permanentes ou ma mort de personnes à proximité en quelques heures.

Le document qui a fuité n’indique pas que le matériel est en possession de l’Etat islamique.

Le groupe terroriste n’est pas connu pour avoir une présence importante à Bassora, sur la côte persienne à 550 kilomètres au sud est de Bagdad.

Cependant, des locaux ont rapporté que des milices chiites et des groupes tribaux armés ont de plus en plus pris le contrôle de la zone alors que les forces de sécurité ont été redéployées pour aider au combat contre l’Etat islamique dans le nord ouest du pays.

Un fonctionnaire de la sécurité de Bassora a déclaré qu’une division militaire irakienne d’environ 8 000 hommes a été redéployée depuis la région fin 2014 pour rejoindre le combat contre l’Etat islamique, ainsi qu’un bataillon de police d’environ 500 hommes, laissant neuf bataillons de police incomplets et un seul bataillon militaire pour toute la province de Bassora, qui a une population d’environ 3 millions de personnes.

Le résultat, a déclaré le fonctionnaire, parlant anonymement parce qu’il n’est pas autorisé à discuter de sujets de sécurité avec les médias, a été une vague de cambriolages armés ciblant des maisons, des voitures, des bijouteries et des magasins de change de devises, ainsi que la résurgence de conflits tribaux et une hausse du trafic de drogues depuis l’Iran voisin vers les états arabes du Golfe.

L’enquête préliminaire sur le matériel radioactif manquant a indiqué que les auteurs savaient spécifiquement comment gérer le matériel et comment accéder à l’installation, a déclaré à Reuters un fonctionnaire de la sécurité.

Il n’y a pas eu de « serrures cassées, de portes enfoncées et il n’y a aucune preuve d’effraction », a-t-il déclaré.

Un directeur des opérations de Taiz, la firme irakienne qui devait protéger l’installation, a refusé de commenter sur le vol, citant des instructions des autorités de sécurité irakiennes.

Des représentants de Weatherford ont déclaré que SGS était responsable de la préservation du matériel.

Un porte-parole du département d’Etat américain a déclaré que les fonctionnaires étaient « au courant de ces informations », mais a déclaré qu’il n’y avait aucune indication que le matériel ne soit tombé entre les mains des jihadistes.

Un porte-parole du bureau coordonnant la sécurité dans la province de Bassora a déclaré que l’armée irakienne, la police et les renseignements travaillaient « nuit et jour » pour localiser le matériel.