Israël attend de l’aide de la part de l’Autriche qu’elle fasse pression sur l’Iran pour qu’il abandonne sa course au nucléaire.

Il souhaite aussi que Vienne combatte les activités néonazies locales, au regard de son rôle historique dans l’Holocauste et de son refus d’admettre sa responsabilité, a déclaré le président de la Knesset lundi avant sa visite diplomatique en Autriche.

« Dans une ère dominée par la menace terroriste à l’échelle internationale, je pars pour une visite officielle dans un pays qui, malheureusement, a vu l’émergence du plus grand terroriste que l’humanité ait connu », a affirmé Yuli Edelstein dans un communiqué, faisant référence à Adolf Hitler.

« Soixante-dix ans après sa tentative d’exterminer le peuple juif, ma conversation avec les dirigeants autrichiens tournera autour des sujet du terrorisme et de la haine ».

Edelstein arrivera à Vienne lundi pour rencontrer le président autrichien, Heinz Fischer, le ministre des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, et le président du Parlement, Doris Bures.

Le point culminant de sa visite sera son discours lors d’une cérémonie où deux Autrichiens recevront le titre de « Juste parmi les Nations » pour le rôle qu’ils ont joué en sauvant des Juifs pendant la Shoah.

« J’ai l’intention de souligner la nécessité et l’obligation morale de l’Autriche d’être un partenaire à part entière et de s’impliquer pour imposer les sanctions à l’Iran, et même les renforcer, pour que l’Iran arrête de développer des armes nucléaires dans le but de détruire le peuple juif », a-t-il déclaré.

Le président autrichien a rencontré le président iranien, Hassan Rouhani, mardi dernier en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Selon la presse iranienne, les deux présidents auraient discuté d’une possible collaboration énergétique et appelé à renforcer les liens entre leurs deux pays.

« En ce qui concerne les problèmes du travail de la mémoire de la Shoah et de ses leçons, et au regard du fait que l’Autriche n’a jamais officiellement assumé la responsabilité du rôle qu’elle a joué dans la Shoah, j’ai l’intention de préciser clairement qu’Israël attend à ce que l’Autriche continue de lutter contre la tendance néonazie qui prévaut à l’intérieur de ses frontières et continue d’enseigner la mémoire de l’Holocauste ».

Les commentaires d’Edelstein semblent être faits en totale ignorance de la déclaration de Fischer, qui en mars, avait affirmé que les habitants de son pays portaient l’entière responsabilité des atrocités commises pendant l’Holocauste. Il avait ajouté que la mission de l’Autriche, aujourd’hui, était de combattre l’antisémitisme sous toutes ses formes.

« Nous devons reconnaître que la manière dont ce pays a géré l’époque du national-socialisme, même après la fin de la guerre, était largement dominée par un lourd silence, de la culpabilité et une tentative de réprimer [ces sentiments] », avait déclaré Fisher pendant la cérémonie de commémoration de l’Holocauste à laquelle Shimon Peres avait assisté.

« Ce n’est que ces dernières 25 années que l’Autriche – grâce à un processus difficile de sensibilisation – a pu finalement se transformer et faire les changements nécessaires dans sa sensibilisation de l’Histoire, de passer de l’oubli à la commémoration… En déposant cette couronne de fleurs pendant cette cérémonie de commémoration avec le président d’Israël, nous commémorons ensemble les hommes et les femmes qui sont morts pendant l’Holocauste et honorons les survivants de cette tragédie qu’a connue l’humanité ».