Le Premier ministre Edouard Philippe présentera les voeux du gouvernement à la communauté juive de France le lundi 2 octobre dans une grande synagogue parisienne, a annoncé mercredi à l’AFP le président du Consistoire central, Joël Mergui.

Cette cérémonie est traditionnellement organisée au moment du nouvel an juif, Rosh HaShana, qui débute cette année mercredi soir.

Jusqu’en 2013, c’est le ministre de l’Intérieur – chargé des cultes – qui présentait les voeux du gouvernement à la première communauté juive d’Europe, forte d’un demi-million de membres. Depuis 2014 et la nomination de Manuel Valls à Matignon, le Premier ministre préside en personne la soirée. La cérémonie avait toutefois été supprimée en 2016, la communauté consistoriale étant en deuil au lendemain de la mort de l’ancien grand rabbin de France Joseph Sitruk.

La soirée, organisée dans une grande synagogue parisienne qui reste à préciser cette année, permet généralement au gouvernement et aux responsables du culte juif d’échanger sur l’état de la lutte contre l’antisémitisme.

Les actes antisémites ont connu une baisse significative (-58,5 %) en 2016 par rapport à 2015, selon le décompte officiel du ministère de l’Intérieur et des services communautaires.

Le Grand Rabbin de France Haïm Korsia prie en hommage aux victimes d'une série d'attaques meurtrières à la Grande synagogue de la Victoire, le 15 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / LOIC VENANCE)

Le Grand Rabbin de France Haïm Korsia prie en hommage aux victimes d’une série d’attaques meurtrières à la Grande synagogue de la Victoire, le 15 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / LOIC VENANCE)

Dans son message de « Shana Tova » (« bonne année »), le grand rabbin de France, Haïm Korsia, y voit le « fruit » du plan gouvernemental de lutte contre le racisme et l’antisémitisme lancé au printemps 2015. Toutefois, « ces chiffres ne sont en rien un satisfecit, mais un encouragement à poursuivre collectivement nos efforts », écrit-il.

Les responsables communautaires restent vigilants après le meurtre de Sarah Halimi, femme juive défenestrée à Paris début avril, pour lequel le parquet a demandé mercredi que la circonstance aggravante de l’antisémitisme soit retenue.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a en outre appelé à « des sanctions exemplaires et dissuasives » après qu’une famille juive a été séquestrée, violentée et détroussée dans la nuit du 7 au 8 septembre à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis.