Un kamikaze a tué vendredi 28 soldats en précipitant sa voiture bourrée d’explosifs contre un barrage de l’armée dans le Sinaï égyptien,l’attaque la plus meurtrière contre les forces de l’ordre depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi.

Un premier bilan avait fait état de cinq morts et 16 blessés.

L’attaque visait un barrage de l’armée situé au nord-ouest de la ville d’Al-Arich, le chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, selon des responsables des forces de l’ordre s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

Depuis que l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi a destitué l’islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, des groupes djihadistes ont multiplié les attentats contre les forces de l’ordre. Ils affirment agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans de M. Morsi depuis son éviction.

D’abord cantonnées au nord du Sinaï, région montagneuse et désertique jouxtant Israël et la bande de Gaza palestinienne, les attaques djihadistes ont gagné le delta du Nil et la capitale égyptienne.

Mercredi, au moins six policiers et trois passants ont ainsi été blessés par l’explosion d’une bombe devant l’entrée de l’université du Caire. Cet attentat a été revendiqué par le groupe djihadiste Ajnad Misr.

Et en début de semaine, sept soldats égyptiens ont été tués dans l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule au sud d’Al-Arich, dans le nord du Sinaï.

Un autre groupe djihadiste basé dans le nord du Sinaï, Ansar Beït al-Maqdess (Les Partisans de Jérusalem, en arabe), a revendiqué la plupart des attentats visant les forces de sécurité depuis l’été 2013.