Onze policiers égyptiens ont été tués mardi par l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule dans le Sinaï, où des djihadistes multiplient les attentats depuis que l’armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi, ont annoncé des responsables de la sécurité.

L’attentat, survenu dans le nord de cette péninsule qui borde Israël et le territoire palestinien de Gaza, n’a pas encore été revendiqué. Mais des groupes jihadistes ont perpétré nombre d’attaques visant les forces de l’ordre dans tout le pays depuis plus d’un an, en représailles selon eux à la sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans de M. Morsi depuis que le premier président élu démocratiquement en Egypte a été destitué et arrêté par l’armée en juillet 2013.

Le principal groupe armé du Sinaï, Ansar Beït al-Maqdess, qui se dit lié à Al-Qaïda, tire également régulièrement des roquettes sur Israël. Il a revendiqué depuis un an les attentats les plus meurtriers, jusqu’au coeur du Caire, notamment l’un ayant manqué de peu le ministre de l’Intérieur Mohamed Ibrahim, que les jihadistes considéraient comme le principal artisan de la répression anti-Morsi.

Le 3 juillet 2013, après que des millions d’Egyptiens eurent réclamé son départ dans la rue, le chef de l’armée alors, le général Abdel Fattah al-Sissi, annonçait la destitution et l’arrestation de M. Morsi élu un an plus tôt. Aussitôt après, le pouvoir dirigé de facto par Sissi lançait une vague implacable et très sanglante de répression visant les manifestants pro-Morsi, en particulier les Frères musulmans, la confrérie du président déchu, laquelle avait remporté toutes les élections depuis la chute de Hosni Moubarak début 2011.

Ainsi, plus de 1 400 manifestants ont été tués en un an, dont quelque 700 en une seule journée au Caire le 14 août 2013, plus de 15 000 Frères musulmans ont été arrêtés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs, qualifiés par l’ONU de « sans précédent dans l’Histoire récente » du monde.

M. Morsi en personne, ainsi que la quasi-totalité des leaders des Frères musulmans, sont jugés dans des procès pour lesquels ils encourent la peine de mort. Et le général Sissi, promu ensuite maréchal, a été élu président de la République en mai 2014, après avoir éliminé de la scène politique toute opposition, islamiste mais aussi laïque et libérale.