Un tribunal égyptien a condamné mercredi 120 partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi à trois ans de prison pour des heurts ayant fait plusieurs dizaines de morts l’an dernier, ont annoncé des responsables.

Le 6 octobre, ces heurts opposant des partisans de M. Morsi aux forces de sécurité et à des manifestants anti-Morsi et avaient fait 24 morts et 90 blessés dans le quartier de Dokki, dans le centre du Caire, selon ces sources judiciaires.

Six autres accusés ont été acquittés, et ceux condamnés peuvent faire appel.

Plus de 50 personnes au total ont été tuées ce jour-là dans les violences à travers l’Egypte pendant la journée du 6 octobre, qui marque l’anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973.

Dans la ville d’Assiout (sud), un tribunal a condamné trois partisans de M. Morsi à cinq ans de prison et 15 autres à trois ans de prison pour des violences et émeutes déclenchées par la dispersion sanglante de rassemblements islamistes ayant fait plusieurs centaines de morts le 14 août au Caire.

Mardi, 24 étudiants de l’université islamique d’Al-Azhar ont été condamnés à cinq ans de prison pour des émeutes pendant le référendum constitutionnel de janvier.

En mars, 529 partisans de M. Morsi avaient été condamnés à mort au deuxième jour de leur procès pour meurtre et tentative de meurtre de policiers dans des violences l’été dernier dans la ville de Minya (sud). Ces condamnations expéditives ont déclenché de vives critiques de la communauté internationale et des défenseurs des droits de l’Homme.

Le 28 avril, après une audience d’une journée, le même tribunal doit se prononcer dans le procès du guide suprême des Frères musulmans Mohamed Badie et de 700 autres partisans de M. Morsi, jugés pour les mêmes accusations.

Plus de 1 400 partisans de M. Morsi ont été tués depuis son éviction, selon Amnesty International, et plus de 15.000 autres arrêtés, tandis que les nouvelles autorités font porter à sa confrérie des Frères musulmans, depuis déclarée « terroriste », la responsabilité de toutes les violences.