El-Arish, Egypte – Des islamistes ont lancé mercredi une vague d’attentats simultanés, qui comprennent des attentats suicides sur des postes de contrôle de l’armée égyptienne dans le nord de la péninsule du Sinaï, tuant au moins 50 soldats, selon les responsables de la sécurité et militaires.

Les assauts coordonnés de ce matin dans le Sinaï sont survenus un jour après que le président de l’Egypte s’est engagé à renforcer la lutte contre les islamistes et deux jours après que le procureur d’Etat a été assassiné dans la capitale, Le Caire.

« Les lions du califat ont attaqué de manière simultanée plus de 15 postes de contrôle de l’armée apostate », a affirmé le groupe dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Quatre autres attaques ont été lancées simultanément contre quatre barrages routiers de l’armée dans le secteur et des affrontements ont lieu entre soldats et terroristes, a-t-il ajouté.

Un porte-parole de l’armée a indiqué sur sa page Facebook « qu’environ 70 éléments terroristes ont attaqué cinq check-points dans le Nord-Sinaï ».

La portée et l’intensité des attaques ont souligné la résilience et le niveau de planification des combattants qui ont, pendant des années, lutté contre les forces de sécurité égyptiennes dans le nord du Sinaï.

Ils ont intensifié leur insurrection au cours de ces deux dernières années tandis que le gouvernement investissait plus de ressources dans cette lutte de longue haleine.

Le groupe terroriste Ansar Bayt al-Maqdess, lié à l’Etat islamique, a revendiqué la responsabilité des attaques de mercredi en affirmant que leurs combattants ont ciblé un total de 15 positions de l’armée et des forces de police et qu’ils ont mené trois attentats-suicides, deux qui visaient des postes de contrôle et une autre qui a frappé un club d’officiers dans la ville voisine d’el-Arish.

L’authenticité de la revendication n’a pu être vérifiée immédiatement mais le message a été envoyé sur une page Facebook associée au groupe.

Mise à part l’attaque au club des officiers, le reste des attaques a eu lieu dans la ville de Sheikh Zoweid et ont visés au moins six points de contrôle militaires, ont indiqué les responsables. Les combattants ont aussi fait prisonnier des soldats et ont saisi des armes et plusieurs véhicules blindés, ont-ils ajouté, ayant accepté de parler sous couvert d’anonymat comme il est requis par les régulations.

Au moins 55 autres soldats ont été blessés, ont indiqué les responsables. Tandis que les combats faisaient rage, un hélicoptère de combat Apache de l’armée égyptienne a détruit l’un des véhicules blindés capturés par les combattants alors qu’ils s’en allaient en conduisant le véhicule, ont ajouté les fonctionnaires.

Le porte-parole militaire de l’Egypte, le brigadier général Mohammed Samir Saïd, a déclaré que les combats se poursuivaient encore dans la région entre les forces armées et les combattants.

Les fonctionnaires ont déclaré que des dizaines de combattants assiégeaient le principal poste de police de Cheikh Zoweid, en le bombardant avec des mortiers et des grenades propulsées par roquette. Il y a aussi eu des échanges de tirs avec des dizaines de policiers à l’intérieur.

Une source qui se trouve dans la ville a démenti les rapports qui indiquaient que la ville était tombée aux djihadistes, a indiqué le Daily News Egypt, en précisant que seule la station de police a été assiégée.

La déclaration de Samir indiquait que le nombre de soldats tués jusqu’à présent étaient de 10 mais les chiffres contradictoires ne pouvaient pas être immédiatement rapprochés dans le sillage de l’attaque.

Un journaliste de Sky News Arabia a signalé que le bilan des morts dans l’armée égyptienne s’élevait à 60 morts.

La déclaration de Samir, posté sur sa page officielle Facebook, précisait que quelques 70 combattants ont attaqué cinq postes de contrôle et que les troupes égyptiennes dans le nord du Sinaï du Nord ont tué 22 combattants et détruit trois véhicules tout-terrain équipés de canons antiaériens.
Le Premier ministre égyptien dit que le pays est « en milieu d’une vraie guerre »

Le Premier ministre égyptien Ibrahim Mahlab a déclaré lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement au Caire : « Nous sommes au milieu d’une véritable guerre », selon Ynet.

Mahlab intervenait après une attaque terroriste massive dans le nord-ouest du Sinaï et l’assassinat de l’avocat général égyptien plus tôt cette semaine.

Mahlab a indiqué qu’il allait remettre au président Abdel-Fatah el-Sissi plusieurs projets de loi qui faciliteront la guerre du gouvernement égyptien contre le terrorisme.

L’Egypte dispose d’un système de gouvernement présidentiel ; le chef de l’exécutif est le président, donc Sissi.