Cinq civils égyptiens ont été tués mercredi dans la chute d’un obus de mortier sur une maison d’un village du nord de la péninsule du Sinaï où l’armée combat une insurrection djihadiste, ont indiqué des responsables de la sécurité.

Il n’était pas immédiatement possible de savoir quel camp avait tiré l’obus, les militaires et les djihadistes utilisant ce type d’armement. Quatre personnes ont également été blessées dans sa chute.

L’armée mène depuis deux ans des opérations à grande échelle dans le nord du Sinaï pour enrayer les attaques djihadistes visant les forces de l’ordre, qui se sont multipliées depuis la destitution par les militaires du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013.

L’armée avait annoncé lundi avoir tué 241 jihadistes dans le Sinaï entre le 1er et le 5 juillet.

Le 1er juillet, des hommes de la branche du groupe Etat islamique (EI) en Egypte avaient lancé une série d’attaques sans précédent contre l’armée dans la localité de Cheikh Zouweid (Nord-Sinaï), faisant des dizaines de morts. Le porte-parole de l’armée a fait état de 21 soldats tués dans ces violences.

Réunion du gouvernement sur la loi antiterroriste controversée

Le gouvernement égyptien va se réunir mercredi pour discuter d’un projet de loi antiterroriste controversé qui prévoit notamment de la prison pour les journalistes contredisant les communiqués officiels, ont indiqué des responsables.

Le gouvernement avait approuvé la loi mais le Conseil suprême de la justice a appelé à des aménagements sur une mesure créant des tribunaux spéciaux, tandis que le syndicat de la presse a dénoncé une autre disposition portant atteinte à la liberté de la presse.

Un responsable du gouvernement a indiqué à l’AFP que la réunion traiterait de possibles révisions du projet de loi, « dans le but de défendre la sécurité nationale ».

La proposition de loi avait provoqué un tollé auprès du syndicat des journalistes et de partis politiques, en raison d’un article préconisant une peine de deux ans de prison au minimum pour publication « de fausses informations sur des attaques terroristes qui contredisent les communiqués officiels ».

L’un des principaux quotidiens privés à grand tirage, Al-Masry Al-Youm, a affirmé que le gouvernement envisageait de revoir cet article.

Et l’ancien chef du Syndicat des journalistes, Diaa Rachwan, a indiqué à l’AFP qu’il avait proposé au gouvernement de remplacer les peines de prison par des amendes.

Il a également proposé que les tribunaux soient obligés de prouver que l’accusé a publié de « fausses » informations de manière intentionnelle et malveillante, a-t-il précisé.

Des responsables du gouvernement n’étaient pas en mesure de confirmer si l’article controversé serait revu ou non.

Le ministre de la Justice Ahmed al-Zind avait expliqué que cet article était notamment motivé par la couverture médiatique d’attaques djihadistes ayant visé le 1er juillet l’armée dans la péninsule du Sinaï.