Au moins cinq personnes ont été tuées dimanche dans l’explosion d’une bombe dans un autobus transportant des touristes sud-coréens près de la station balnéaire de Taba, dans le Sinaï égyptien sur la frontière avec Israël, selon le ministère de la Santé.

L’attentat, qui n’a pas encore été revendiqué, a également fait 14 blessés.

Le chauffeur égyptien figure parmi les morts, a annoncé le ministère de l’Intérieur, ajoutant que le véhicule transportait des « touristes coréens », mais sans donner de précision sur les autres victimes.

La nature de l’explosion n’a pas été revendiquée, et les autorités ne connaissent pas la liste des passagers du bus. Un porte-parole de Tsahal a déclaré que l’armée israélienne avait ouvert une enquête.

Le passage à niveau, à proximité de la station balnéaire d’Eilat, est le principal point de passage entre Israël et l’Egypte. Il est souvent utilisé par les vacanciers israéliens, bien que les troubles récents dans la péninsule du Sinaï aient ralenti le flux de touristes.

En 2004, l’explosion d’une bombe à l’hôtel Hilton à Taba fréquenté par des Israéliens avait tué 31 personnes.

Ce drame actuel survient en pleine vague d’attentats qui ne visaient jusqu’alors que les forces de l’ordre en Egypte depuis que l’armée a destitué et arrêté le président islamiste élu Mohamed Morsi début juillet.

Ces attentats ont été, pour la plupart, revendiqués par un groupe djihadiste disant s’inspirer d’Al-Qaïda et basé dans le Sinaï, Ansar Beit al-Maqdess. Il assure agir en représailles à la répression sanglante menée par le nouveau pouvoir contre les partisans de M. Morsi.

Des images de la télévision nationale montraient le haut de l’autocar jaune dévasté par la déflagration et l’incendie qui a suivi. La bombe a explosé à l’avant du véhicule, selon le ministère de l’Intérieur.

Le bus a été frappé alors que le chauffeur attendait au passage frontalier de Taba, a ajouté le ministère dans un communiqué, sans préciser dans quel sens les touristes franchissaient la frontière entre Israël et l’Egypte.

Le porte-parole du ministère de la Santé, Ahmed Kamel, a précisé à l’AFP qu’il était impossible de reconnaître les corps.

La dernière attaque contre des touristes remonte à février 2009 quand une Française a été tuée par l’explosion d’une grenade en bordure du souk de Khan el-Khalili, au cœur du Caire historique. Il s’agissait alors de la première attaque terroriste contre des Occidentaux en Egypte depuis 2006.