Human Rights Watch (HRW) a qualifié mercredi « d’injuste » la condamnation à mort de 188 partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi, ajoutant que « les procès de masse » récurrents en Egypte remettaient en cause « l’indépendance de la justice ».

« Les condamnations à mort de masse font perdre rapidement à la justice égyptienne toute la réputation d’indépendance qu’elle a pu avoir, » a estimé dans un communiqué la directrice de HRW pour le Moyen-Orient, Sarah Leah Whitson. « Personne ne devrait être envoyé à la potence après des procès si ouvertement injustes. »

« Au lieu d’examiner les preuves contre chaque personne, les juges condamnent les accusés en masse sans considération pour les normes garantissant un procès équitable », a ajouté HRW.

Mardi, 188 personnes ont été condamnées à mort pour le meurtre de 13 policiers lors d’une attaque le 14 août 2013 contre un commissariat de Kerdassa, un village dans la banlieue du Caire.

L’assaut de Kerdassa avait eu lieu alors que policiers et soldats tuaient plus de 700 personnes dans la capitale dans la dispersion de rassemblements pro-Morsi, faisant du 14 août la journée la plus sanglante de la répression ciblant les partisans du président islamiste.

Conformément à la loi égyptienne, les peines capitales prononcées mardi seront soumises à l’avis –purement consultatif– du mufti, le représentant de l’islam auprès des autorités. Elles seront ensuite confirmées ou commuées en peine de prison lors d’un verdict final, attendu le 24 janvier.

L’Union européenne (UE) a également exprimé sa « vive préoccupation » au sujet du verdict de mardi, promettant de suivre « de très près » ces procès en Egypte.

« L’UE réitère son appel aux autorités judiciaires égyptiennes de garantir les droits des accusés à un procès équitable, (…) basé sur des accusations claires et des enquêtes indépendantes, conformément aux normes internationales », a indiqué dans un communiqué Catherine Ray, porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Des centaines de partisans de l’islamiste déchu ont ainsi été condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes, qualifiés par l’ONU de « sans précédent dans l’histoire récente ».