La Haute cour administrative égyptienne a confirmé lundi l’annulation de la rétrocession controversée par Le Caire de deux îlots de la mer Rouge à l’Arabie saoudite.

La cour a jugé que les îlots inhabités de Tiran et Sanafir étaient des territoires souverains égyptiens, contrairement à ce qu’affirmait le gouvernement qui avait annoncé leur rétrocession à l’Arabie à l’occasion d’une visite au Caire du roi Salmane en avril.

Cette décision avait immédiatement soulevé une vive controverse et déclenché des manifestations contre le régime du président Abdel Fattah al-Sissi.

Elle avait été annulée en juin par le conseil d’Etat et le gouvernement avait fait appel.

Manifestants égyptiens au Caire, le 25 janvier 2014. (Crédit : Mahmoud Khaled/AFP)

Manifestants égyptiens au Caire, le 25 janvier 2014. (Crédit : Mahmoud Khaled/AFP)

La rétrocession avait été annoncée alors que l’Arabie s’affirmait comme l’un des principaux soutiens au Caire, injectant des milliards de dollars en aides et en investissements pour redresser une économie en panne.

Le gouvernement avait justifié cette rétrocession en expliquant que les deux îlots appartenaient à l’Arabie mais que Ryad avait demandé en 1950 au Caire d’en assurer la protection.

La Haute cour a précisé que la décision sur leur appartenance à l’Egypte était « unanime ». Son annonce a été saluée par des cris de joie dans la salle du tribunal, des militants chantant : « Ces îles sont égyptiennes ! ».

Cette décision risque de tendre davantage les relations entre Le Caire et Ryad, qui se sont nettement refroidies ces derniers mois, notamment sur le dossier du conflit syrien.

Le président Sissi s’est rapproché de la Russie, qui soutient le régime de Bashar el-Assad, tandis que Ryad aide les rebelles.